Carrefour : retour à la case départ, Couche-Tard contraint de se coucher face au gouvernement

Carrefour : retour à la case départ, Couche-Tard contraint de se coucher face au gouvernement©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 18 janvier 2021 à 09h20

Retour à la case départ pour Carrefour avec un titre qui rechute de près de 7% à 15,5 euros. Quatre jours après l'annonce surprise d'une approche amicale du groupe Alimentation Couche-Tard en vue d'un rapprochement avec le géant français de la distribution, les deux sociétés ont indiqué que leurs discussions étaient "interrompues". "Carrefour et Couche-Tard ont toutefois décidé de prolonger leurs discussions pour examiner des opportunités de partenariats opérationnels".

Pour de nombreux observateurs, le deal était mort-né. En premier lieu pour des raisons politiques. "Ce n'était pas le moment de faire un tel marché", explique ainsi à 'Bloomberg' Fabienne Caron, analyste chez Kepler Cheuvreux. "Le gouvernement avait beaucoup plus à perdre qu'à gagner. La vraie raison est politique". Bruno Le Maire avait notamment indiqué en fin de semaine dernière, après plusieurs messages plus ou moins ambigus, que sa position sur l'approche Couche-Tard était un "non clair et définitif".

Céder l'un des plus grands groupes de supermarchés français à des intérêts étrangers était en effet impossible à un moment où la crise du Covid-19 a mis en avant l'importance stratégique de l'approvisionnement alimentaire du pays. Le gouvernement a pu être préoccupé par l'impact potentiel d'une telle combinaison sur les employés et les fournisseurs de Carrefour, y compris les agriculteurs, souligne également Nicolas Champ, analyste chez Barclays. "Nous mettons en doute la décision des deux groupes de ne pas informer le gouvernement français plus tôt, car nous comprenons que les discussions concernant une éventuelle combinaison ont commencé à la fin de l'année dernière", précise par ailleurs le broker.

Malgré tout, quelques observateurs estiment que les choses pourraient évoluer une fois que la poussière sera retombée et l'élection présidentielle de 2022 passée. Clement Genelot, analyste chez Bryan, Garnier, explique ainsi que "les discussions en cours concernant la collaboration opérationnelle laissent la porte ouverte à la reprise des pourparlers concernant une fusion à l'avenir".

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