CGG, mieux vaut avoir un petit bout de quelque chose qu'une grosse partie de rien

CGG, mieux vaut avoir un petit bout de quelque chose qu'une grosse partie de rien©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 18 octobre 2017 à 10h26

L'annonce du soutien de Bpifrance au plan de restructuration de CGG a totalement affolé les compteurs, puisque l'action est montée jusqu'à 5,09 euros en matinée à la Bourse de Paris, en hausse de 40%. Une flambée irrationnelle au regard de l'incertitude qui pèse toujours sur l'issue du vote du plan de restructuration le 31 octobre en assemblée générale et de la dilution consécutive que subiront les actionnaires dans l'hypothèse où ce plan serait validé, mais une flambée quand même. L'appui de la banque publique n'est pas un très bon indicateur de performance, au regard de son passif sur le dossier. Il apparaît même très politique. L'aventure CGG a déjà coûté très cher au contribuable, puisque Bpifrance avait déjà participé à la levée de fonds précédente du groupe en 2016 ainsi qu'à celle de 2012, après son entrée en capital en 2010 (il s'agissait alors du Fonds stratégique d'investissement). Les 9,35% de Bpifrance ne valent plus que 10,55 millions d'euros si l'on tient compte de la flambée du jour. Dans les comptes de la banque, figure le montant investi dans la société depuis 2010 : 284 ME.

Une aide sous condition

L'engagement de Bpifrance est conditionné à un certain nombre d'obligations souscrites par la société, qui ont été ajoutées au prospectus visé par l'AMF concernant les opérations financières de restructuration. Pour obtenir le soutien de son actionnaire, CGG s'est engagé à n'aliéner sous quelque forme que ce soit ses actifs significatifs jusqu'au 31 décembre 2019, sauf autorisation préalable du Tribunal de commerce de Paris. Le groupe a également confirmé que son plan d'affaires ne prévoit pas l'aliénation sous quelque forme que ce soit d'actifs significatifs détenus tant en France qu'à l'étranger par ses filiales et sous-filiales, même s'il conserve la faculté de prendre une part active à la consolidation ou autre forme d'évolution éventuelle du marché de l'acquisition sismique. Sauf autorisation du Tribunal de commerce, CGG ne doit pas entamer de restructuration sociale ou industrielle en France. Est notamment banni un plan de sauvegarde de l'emploi d'ici au 31 décembre 2019. La société s'est aussi engagée à maintenir son centre de décision en France et à ne pas transférer son siège social hors de l'hexagone au moins jusqu'à la fin 2022. Bpifrance sera associée aux discussions avec les créanciers pour la nouvelle gouvernance. Certains créanciers porteurs d'obligation senior (Attestor, Boussard & Gavaudan, DNCA) ont aussi endossé des engagements, notamment d'associer Bpifrance aux discussions sur la nouvelle composition du conseil d'administration.

Quitte ou double

L'appui de Bpifrance était nécessaire mais pas suffisant. Il faudra que les deux-tiers des actionnaires valident le projet qui leur est soumis pour que la restructuration financière soit lancée. Or elle passe par une conversion massive de créances en actions, qui dépossèdera les porteurs d'actions de la majeure partie de leurs droits au profit des porteurs de dette. La logique sous-jacente est claire : mieux vaut avoir un petit bout de quelque chose qu'une grosse partie de rien. Les salariés du fournisseur de services géophysiques, déjà éprouvés par la longue période de vaches maigres de la société, auront finalement obtenu quelques garanties de l'Etat, du moins jusqu'en 2020. Le temps de trouver une solution plus pérenne pour leur entreprise, ou d'espérer que le marché pétrolier retrouvera un niveau d'investissement suffisant pour que CGG renoue avec des résultats compatibles avec ses frais de structure.

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