Chez Telecom Italia, Vivendi sacrifie ses pions pour sauver la partie

Chez Telecom Italia, Vivendi sacrifie ses pions pour sauver la partie©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 23 mars 2018 à 08h44

Les événements s'accélèrent autour de Telecom Italia. Sentant sans doute la fronde grandir, une majorité d'administrateurs liés à Vivendi a démissionné, de façon à provoquer la désignation d'un nouveau conseil, après les griefs énoncés par le fonds activiste Eliott, qui s'est invité au capital. Les autres administrateurs ont prévu de démissionner lors de l'assemblée générale ordinaire du 24 avril. Une nouvelle assemblée, convoquée le 4 mai, procèdera à la désignation du nouvel organe de gouvernance. Les huit premiers administrateurs démissionnaires ont indiqué que leur geste permettra de clarifier la situation. Avec 24% des voix, Vivendi avait pu dicter ses choix lors de la constitution du conseil d'administration initial.

De quoi mettre fin à un climat d'incertitude, selon le président de TI, Arnaud de Puyfontaine, qui préside aussi Vivendi et qui démissionnera lui aussi. Le dirigeant préfère que tout le conseil soit renouvelé plutôt que de procéder à un bouleversement partiel, tel que réclamé par Elliott. Sur le fond, la position de Vivendi n'a pas changé. Les demandes d'Elliott sont qualifiées de tentative de démantèlement de Telecom Italia, tandis que le fonds est bien connu pour ses initiatives court-termistes. Tout le monde a pourtant l'impression que le Français tente un coup de poker. "Je considère que c'est une réponse tactique de Vivendi pour conserver une présence de long terme au conseil de TI", explique Jerry Dellis, de Jefferies. En effet, précise-t-il, la décision montre que Vivendi a pris la menace Elliott très au sérieux. Le Français aurait pu perdre tous ses représentants lors de l'assemblée générale du 24 avril (hormis le CEO Amos Genish) si la motion Elliott avait été suffisamment soutenue. Le vote du 4 mai devrait sceller la perte de contrôle de Vivendi sur le conseil, mais l'actionnaire pourrait conserver une représentation conforme à ses 24%, ce qui est toujours mieux que rien.

Pour Jerry Dellis, un conseil plus indépendant est un élément positif, notamment parce qu'il réduit la prime de risque liée au bras de fer réglementaire engagé avec les autorités transalpines et améliore les perspectives commerciales. La clef du dossier Telecom Italia reste malgré tout, selon l'analyste, le règlement du contentieux Vivendi / Italie dans son ensemble (Loi Gasparri, Proposition Canale+, contentieux Mediaset, enquête antitrust et manque de cohérence avec les politiques publiques).

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