Coronavirus : Ramsay Générale de Santé en première ligne

Coronavirus : Ramsay Générale de Santé en première ligne©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 24 avril 2020 à 06h38

La crise du Covid-19 a impacté, à partir de la mi-mars, l'ensemble des activités du groupe Ramsay Générale de Santé en Europe, notamment par l'arrêt de la chirurgie programmée, mais de façon très différente selon les pays.

Ainsi en France, à partir de la mi-mars, comme toute la profession, les hôpitaux et cliniques de Médecine-Chirurgie-Obstétrique (MCO) de Ramsay Générale de Santé ont annulé toutes les interventions chirurgicales non urgentes. En quelques jours, les équipes ont réorganisé les établissements pour créer des zones Covid-19 et 46 de ses établissements MCO ont admis jusqu'à 1.250 patients Covid+, dont 350 patients en réanimation, soit plus de 50% du flux de patients Covid pris en charge par le secteur privé.

Ainsi, dans de nombreuses régions telles que l'Ile-de-France, Auvergne-Rhône Alpes ou Occitanie, environ 10% de l'ensemble des patients admis en réanimation l'ont été au sein d'un établissement de Ramsay Santé. Ceci a fortement contribué à renforcer positivement les liens avec les autorités de tutelle. Ces patients arrivent directement, via les services d'urgence ou depuis les hôpitaux publics. En Ile de France, les établissements de Ramsay Générale de Santé ont accueilli jusqu'à 900 patients Covid+, dont 250 en réanimation.

Pour faire face à l'afflux sans précédent de patients, Ramsay Générale de Santé a presque triplé sa capacité d'admission en réanimation en Ile de France, allant même jusqu'à en créer ex nihilo.

Par ailleurs, le manque de soignants a été pallié par un élan solidaire de collaborateurs volontaires venant des établissements des régions moins touchées. Cette solidarité s'illustre également au travers de la prise en charge de patients transférés dans des régions moins impactées, comme par exemple le pôle Toulouse qui reçoit des patients du Grand Est et le pôle Caen, qui reçoit des patients d'Ile de France.

"Aujourd'hui, dans le cadre de notre capacité à assurer une prise en charge des patients, c'est au tour de nos cliniques de Soins de Suite et Réadaptation (SSR) d'être sollicitées pour accueillir les patients Covid post réanimation ou post Unités de Soins Intensifs Critiques (USIC). A leur tour, elles organisent des zones Covid et forment leurs soignants aux besoins spécifiques de ces patients", explique la direction de Ramsay Générale de Santé

En Suède, près de la moitié des patients Covid+ se trouvent dans la région de Stockholm où l'hôpital Capio St Göran accueille une part importante des patients infectés de la région avec plus de 100 cas de Covid+ et 11 patients en réanimation. "Nos activités de soins non urgents, comme les cliniques ophtalmologiques et orthopédiques, fonctionnent à un rythme plus lent en raison de la diminution du nombre de patients et du soutien apporté par le personnel aux soins des patients Covid+, notamment à l'hôpital de St Göran. Les établissements gériatriques de Stockholm ont converti la plupart de leurs capacités à la prise en charge des malades du Covid-19 et ont renforcé leur soutien aux soins avancés à domicile", explique la direction de Ramsay Générale de Santé.
Les 105 centres de soins primaires sont largement tournés vers les contacts virtuels avec les patients, avec une augmentation significative des contacts par chat ou vidéo.

En Norvège, où l'épidémie a globalement été très faible, après une période de suspension d'une partie des prises en charge, toutes les activités reprennent à compter du 20 avril.

Au Danemark, le secteur privé a toujours pu poursuivre les activités ne nécessitant pas d'anesthésie générale (les examens, les chirurgies avec anesthésie locale, les IRM). Et, depuis quelques jours, comme annoncé par le gouvernement, commence un assouplissement progressif des restrictions.

En Allemagne, les hôpitaux de Ramsay Générale de Santé ont reporté toutes les interventions chirurgicales et hospitalisations non nécessaires, et travaillent aux côtés des hôpitaux publics pour prendre en charge les patients atteints du Covid.

"La mobilisation des équipes de Ramsay Santé, tant médicales que de gestion, a été et reste extraordinaire dans cette période et a permis, dans l'ensemble des pays, de renforcer les liens avec les autorités de santé", se félicite la direction de Ramsay Générale de Santé.

Avances de trésorerie

Dans ce contexte particulier, le Groupe a pu bénéficier, pour ses établissements de santé français, des avances de trésorerie mises en place par le ministère de la santé au bénéfice de tous les acteurs privés et non lucratifs. Ces montants, correspondant à 1/12e des encaissements reçus des organismes de sécurité sociale au titre de l'année calendaire 2019, ont été versés les 27 mars et 10 avril. Une nouvelle avance est programmée le 10 mai et ce schéma pourrait être prolongé sur le reste de l'année 2020.

Le groupe Ramsay Santé dispose ainsi de liquidités suffisantes pour assumer l'ensemble de ses engagements et assurer les décaissements liés à son activité. Il ne prévoit pas de tirer sur sa ligne de crédit revolver de 100 millions d'euros.

Le groupe tient à "remercier les sociétés foncières et SCI, propriétaires de murs d'établissements qu'il exploite, qui ont mis en oeuvre un report des échéances des loyers dus au titre du 2e trimestre 2020".

Quelles conséquences financières ?

Au titre des impacts de la crise sur le chiffre d'affaires, les syndicats des professionnels de santé sont partie prenante de réflexions initiées par le ministère de la santé français et visant à mettre en place un système de garantie de revenus. Un décret est attendu, devant offrir aux établissements de santé, un chiffre d'affaires minimum sur l'année calendaire 2020, couvrant notamment les périodes de réquisition des hôpitaux et cliniques ainsi que le manque à gagner lié aux instructions de déprogrammation des activités médicales et chirurgicales de mi-mars 2020 et toujours en vigueur.

En complément, les coûts spécifiques liés à la prise en charge de patients Covid font l'objet d'un recensement coordonné par le ministère avec l'objectif de mettre en place un mode de compensation financière spécifique. Les coûts directs (équipements de protection individuels, consommables de réanimation, personnels mobilisés), indirects (frais logistiques, supports de gestion de crise,...) ainsi que les investissements nécessaires (armements de lits de réanimation supplémentaires,...) devraient être ainsi pris en compte.

Hors de France, différents modèles de compensation des coûts et pertes d'activité attachés à la gestion de la crise sont en cours d'étude et de déploiement, à l'initiative des états fédéraux, comtés et régions administratives responsables : prise en charge du chômage partiel, financement des lits vides suite à déprogrammation, forfaits finançant les personnels et matériels mis à disposition, planchers de revenus garantis.

Pas de risque de liquidité

Dans ce contexte, et compte-tenu de l'arrêt de toute activité médicale programmée à la demande des autorités sanitaires depuis mi-mars, l'objectif d'une croissance organique de plus de 1% du nombre de patients pris en charge pour l'exercice en cours est suspendu. Cependant, et malgré quelques mois de décalage, les perspectives financières et stratégiques liées à l'intégration de Capio demeurent les mêmes à long terme, au-delà des attentes initiales.

Ramsay Santé reste plus que jamais mobilisé en direct et en appui des hôpitaux publics et des institutions sanitaires, pour accueillir et soigner les malades et participer activement à l'éradication de cette épidémie.

Le groupe n'anticipe pas de risque de liquidité pouvant le mettre en défaut de règlement ou mettre en cause sa pérennité. Il travaille en outre activement, en liaison avec les fédérations professionnelles des différents pays et les autorités compétentes, à la définition de plans de remédiation économiques pour faire face aux impacts de la crise sur les comptes de ses établissements.

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