Cryptomonnaies : la crypto 'Petro' du Venezuela déclarée illégale

Cryptomonnaies : la crypto 'Petro' du Venezuela déclarée illégale
2 - Venezuela. Seul pays d'Amérique du Sud figurant dans la liste des pays les plus riches en pétrole, Caracas dispose de réserves estimées à 211,2 millions de barils. Sa production a atteint 2,50 millions de barils par jour ...

Boursier.com, publié le vendredi 12 janvier 2018 à 12h59

Le Parlement vénézuélien, aux mains de l'opposition, a déclaré cette semaine illégale la crypto-devise 'Petro' envisagée par le président Nicolas Maduro.

Maduro avait précédemment fait état de ses plans d'introduction d'une devise digitale, le 'Petro'. La monnaie virtuelle en question serait adossée... à 5 milliards de barils de pétrole, provenant des immenses réserves d'or noir du pays. Maduro entend utiliser les 'petros' pour lever des fonds en échappant aux sanctions financières américaines, alors que les Etats-Unis ont interdit à leurs institutions financières d'acquérir de la dette émise par le Venezuela, compliquant considérablement le refinancement de la lourde dette locale.

Le Petro, un échec annoncé ?

Les dirigeants du Venezuela espèrent donc lutter contre une crise économique historique, surfant sur la vague des crypto-devises en misant sur ce 'Petro', alors que la monnaie locale, le bolivar, ne cesse de plonger. Le pays à l'inflation galopante mise sur 'Petro' pour résister aux 'attaques' du système financier international, selon Jorge Rodriguez, le ministre de l'information.

D'après l'agence Reuters, les experts en cryptomonnaies ne croient pas au décollage du Petro, du fait de l'incapacité du Venezuela à gérer sa propre économie et du manque de respect local pour les droits à la propriété. Les législateurs locaux semblent donc également dubitatifs, Reuters citant Jorge Millan, selon lequel "il ne s'agit pas d'une cryptomonnaie, c'est une vente à terme du pétrole vénézuélien !" Le législateur estime même que le Petro est "fait sur mesure pour la corruption"...

Différent du bitcoin et de ses pairs

Le 'Petro' diffèrerait grandement du bitcoin et des autres cryptos actuelles, selon ses promoteurs, puisqu'il serait adossé à des actifs concrets. Le président Nicolas Maduro a assuré de son côté que 5 milliards de barils, provenant des réserves certifiées de pétrole du Venezuela, allaient être utilisés en tant que caution.

Selon le ministère local du pétrole, les réserves pétrolières en question pourraient soutenir des instruments financiers à hauteur de 267 milliards de dollars. Un montant sensiblement comparable à la capitalisation actuelle de marché de la mère des cryptomonnaies, le fameux bitcoin.

Le Petro déjà mort ? Pas si sûr...

Les législateurs locaux ont donc prévenu cette semaine de leur opposition et de l'illégalité du projet. Le Petro ne vaudrait d'ailleurs plus rien si Maduro perdait les élections programmées plus tard dans l'année. Pour finir, le Parlement local assure que l'émission de Petro enfreint les exigences constitutionnelles, selon lesquelles le législateur doit approuver l'emprunt.

L'agence Reuters rappelle toutefois que Maduro a régulièrement ignoré la législation depuis sa perte de contrôle en 2016. En outre, la Cour Suprême est favorable au gouvernement, et le pays a désigné en juillet un corps législatif 'tout-puissant', l'Assemblée Constituante, malgré le boycott de l'opposition...

100 millions de Petros

Le gouvernement vénézuélien n'en démord donc pas, prévoyant l'émission, dans les prochaines semaines, de 100 millions de ses fameux 'Petros', adossés à 100 millions de barils de réserves pétrolières.

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