Cryptomonnaies : Paris et Berlin veulent réguler le bitcoin

Cryptomonnaies : Paris et Berlin veulent réguler le bitcoin©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 18 janvier 2018 à 21h27

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, et son homologue allemand Peter Altmaier ont affirmé jeudi vouloir réguler le bitcoin et les autres cryptomonnaies. Ils ont annoncé que les deux pays présenteront des propositions communes en ce sens au G20 Finances, qui se tiendra en mars à Buenos Aires.

"Nous avons les mêmes inquiétudes et nous partageons l'ambition de réguler le bitcoin", a affirmé le ministre français lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue allemand à Bercy.

Réduire les risques par la régulation

De son côté, M. Altmaier a confirmé cette volonté "commune au phénomène que l'on appelle les bitcoins et les autres cryptomonnaies qui existent et qui sont en train de se développer". "Nous avons une responsabilité vis-à-vis de nos citoyens d'expliquer les risques et de réduire les risques par une régulation qui s'impose", a-t-il expliqué.

Rappelons que les cryptomonnaies, créées en 2009, et échangées via des plateformes électroniques, ne sont actuellement régies par aucune banque centrale ni aucun gouvernement. En France, Bercy a d'ores et déjà confié une mission sur le bitcoin à Jean-Pierre Landau, ancien sous-gouverneur de la Banque de France, afin qu'il propose des évolutions sur sa réglementation.

L'initiative franco-allemande intervient alors que les cryptomonnaies traversent une brutale zone de turbulences. Le bitcoin a plongé mercredi de 20%, retombant sous les 10.000$, avant de regagner 11,5% jeudi, à 11.600$. Il a tout de même perdu 40% depuis la mi-décembre, où il a avait atteint un record autour de 19.500$. Une autre "crypto" star, le Ripple, a été encore plus secouée ces derniers jours : d'abord divisée par trois en une dizaine de jours, elle a repris 50% jeudi à 1,62$ sur la plateforme Bitfinex.

La Chine veut durcir son arsenal anti-bitcoin

Parmi les facteurs à l'origine de la correction des cryptomonnaies, figure l'intensification des mesures de restrictions prises par la Chine. Pékin a déjà interdit dès septembre 2017 les plates-formes d'échanges de cryptomonnaies et les levées de fonds réalisées dans ces nouvelles monnaies (Initial Coin Offering, ICO). Mais selon la presse, le régime chinois compte aller plus loin, en s'attaquant aux intermédiaires qui se chargent de passer des ordres via des sites basés à l'étranger pour le compte de clients chinois.

La Chine cherche aussi à limiter le "minage" de bitcoin, le procédé qui consiste à résoudre des équations complexes pour valider la création de bitcoins. Ce serait un coup dur pour la monnaie et ses mineurs, dans la mesure où 70% des volumes mondiaux de minage sont actuellement effectués en Chine.

La Corée du Sud a pris des mesures pour imiter l'usage des cryptomonnaies

Par ailleurs, les autorités de Corée du sud ont interdit aux institutions financières implantées dans le pays de réaliser des transactions en monnaie virtuelle, c'est-à-dire d'acheter, de vendre ou même de détenir une crypto-monnaie.

Puis, début janvier, les autorités ont même indiqué qu'elles réfléchissaient à interdire purement et simplement les plateformes d'échange de monnaies virtuelles. Une telle interdiction ne pourrait toutefois pas être adoptée dans l'immédiat, la procédure parlementaire étant très longue en Corée du Sud. Aux dernières nouvelles, les consultations à ce sujet se poursuivaient entre les autorités et les acteurs du marché.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.