Cryptomonnaies : près de la moitié des transactions en Bitcoin associées à des activités illégales

Cryptomonnaies : près de la moitié des transactions en Bitcoin associées à des activités illégales©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 24 janvier 2018 à 13h11

D'après une étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Sydney et de l'Université de technologie de Sydney, 44% des transactions en Bitcoin seraient associées à des activités illégales ! En outre, 25% des utilisateurs seraient 'mouillés' dans des opérations illégales et/ou criminelles !

44% des transactions concernent des activités illégales

Selon l'étude, relayée ce jour par 'The Independent', les activités criminelles en question relèvent notamment du piratage, du blanchiment d'argent, du commerce de stupéfiants ou de la pornographie illégale.

Quelle influence sur le prix du Bitcoin ?

Cela peut sembler relativement inquiétant pour les investisseurs actuels. En effet, les chercheurs estiment que la popularité des cryptomonnaies chez les criminels est un élément majeur contribuant à sa valeur. Autrement dit, si ces criminels adeptes des monnaies digitales choisissent de délaisser le BTC pour une autre 'crypto', le Bitcoin risque de chuter...

36 millions de transactions par an pour des opérations délictueuses

Les chiffres dévoilés par l'étude font frémir. En effet, 24 millions de participants au marché Bitcoin utiliseraient la reine des 'cryptos' "essentiellement pour des activités illégales". Ces utilisateurs peu scrupuleux conduiraient au total environ 36 millions de transactions chaque année, pour une valeur totale de... 72 milliards de dollars !

Quelle part du marché détenue par les criminels ?

L'étude a également tenté d'évaluer la part des bitcoins en circulation détenue par les utilisateurs se livrant à des activités illégales. Ici encore, le constat est préoccupant, puisque les BTC détenus par ces derniers représenteraient environ 8 milliards de dollars !

Confidentialité et anonymat

Évidemment, comme le constate l'étude, l'une des principales raisons pour lesquelles le Bitcoin est si populaire chez les criminels, est qu'il permet de cacher son identité. Néanmoins, cette confidentialité des échanges et cet anonymat pourraient être remis en cause, les autorités de plusieurs pays planchant sur la question. La Corée du Sud, troisième marché pour le trading de 'cryptos', a d'ailleurs déjà réagi.

Outil de surveillance ?

Les chercheurs précisent tout de même que les transactions en Bitcoins ne sont déjà pas totalement anonymes, toute transaction étant enregistrée sur la blockchain. De plus, il serait possible d'utiliser cette information pour identifier des individus spécifiques. L'étude montre également que la surveillance des cryptomonnaies pourrait permettre d'évaluer les tendances de l'activité illégale, son évolution en fonction des interventions des régulateurs, ou encore ses mutations à travers le temps...

Les chercheurs ayant réalisé cette étude se sont d'abord appuyés sur des saisies majeures de Bitcoins, avant d'utiliser la blockchain pour reconstruire le réseau des transactions.

Le Bitcoin délaissé au profit du Dash ?

L'étude montre qu'alors que les identités individuelles sont généralement cachées, lors des transactions en Bitcoin, par une adresse alphanumérique, la nature publique de la blockchain permet tout de même de relier les transactions à des utilisateurs individuels, participants de marché. Autrement dit, le présumé anonymat du Bitcoin ne serait pas total, ce qui pousserait les criminels à étudier l'utilisation de certaines crypto-devises alternatives, telles que le Dash, Monero ou Zcash. L'étude a d'ailleurs bien fait ressortir que la baisse de l'activité illégale sur BTC était associée à une montée en puissance de ces devises numériques alternatives...

Impact sur la valeur

Les chercheurs jugent qu'une part significative de la valeur intrinsèque du Bitcoin en tant que système de paiement dérive de cette utilisation illégale. Le BTC pourrait dès lors perdre de la valeur, si les criminels s'orientaient vers d'autres devises digitales. En outre, cette proportion de transactions illégales pose aussi un problème éthique pour les investisseurs...

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