Danone recule, le marché n'est pas convaincu par la réorganisation

Danone recule, le marché n'est pas convaincu par la réorganisation©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 23 novembre 2020 à 10h53

Danone dévoile une nouvelle organisation de son modèle plus locale avec le passage d'une organisation mondiale par catégories à une organisation locale par zones. Une réorganisation qui se traduira par des réductions d'environ 1.500 à 2.000 postes dans les sièges mondiaux et locaux, avec jusqu'à 25% des effectifs des sièges mondiaux, précise la firme agroalimentaire. A l'occasion de la première session d'une série d'événements à l'attention des investisseurs portant sur ses plans d'adaptation annoncés le 19 octobre dernier, le groupe annonce également élargir son comité exécutif à 6 nouveaux membres pour refléter ces nouvelles zones géographiques.

1 milliard d'euros d'économies d'ici à 2023

Avec la nouvelle organisation mise en place, Danone vise des économies d'un total d'un milliard d'euros d'ici à 2023, comprenant de nouvelles sources de productivités industrielles, permettant de réduire de 300 millions d'euros le coût des produits vendus, ainsi qu'une baisse de ses frais généraux et d'administration de 700 millions d'euros, représentant environ 20% des coûts de structure de l'entreprise. Les économies attendues seront réinvesties en partie pour financer de nouvelles opportunités de croissance et contribueront à faire progresser l'agenda de croissance rentable de l'entreprise. Les coûts exceptionnels liés à la mise en place de la nouvelle organisation sont estimés aujourd'hui à environ 1,4 milliard d'euros pour la période 2021-2023.

Une marge supérieure à 15% dès 2022

Danone confirme son ambition de moyen-terme d'une croissance des ventes comprise entre +3% et +5% en données comparables. En tenant compte du plan d'économie d'un milliard d'euros annoncé aujourd'hui, l'entreprise vise aussi désormais une marge opérationnelle courante comprise entre 15% et 20% à moyen-terme, avec le nouvel objectif d'atteindre une marge supérieure à 15% dès 2022.

Danone confirme par ailleurs ses objectifs pour l'année 2020 d'une marge opérationnelle courante de 14% et d'un free-cash-flow de 1,8 milliard d'euros, malgré des conditions d'activité plus difficiles créées par de nouvelles mesures de restriction et de fermeture prises depuis la publication du chiffre d'affaires du troisième trimestre, notamment en Europe.

"Après 12 mois de COVID, nous prévoyons, grâce à ce plan d'adaptation, un retour à la croissance rentable en moins de 12 mois, dès le S2 2021, et un retour de la marge opérationnelle courante à son niveau pré-COVID, à plus de 15%, en 2022. La croissance est une condition sine qua non de notre succès et de notre impact positif. Mais dans ces circonstances nouvelles, je veux insister sur l'importance de la rentabilité de notre modèle. Car cette année a montré que la compétitivité de nos activités, de nos marques, dans nos pays peut être déstabilisée par les à-coups de la conjoncture. Je suis donc profondément convaincu que pour que nous puissions continuer à investir pour le long terme, pour la santé, pour l'agriculture, dans nos écosystèmes, au fond pour remplir notre mission, nous devons rapidement et durablement ajouter une marge de sécurité à l'étiage de rentabilité opérationnelle de nos affaires. Il faut donc nous donner une ambition complémentaire, forte, sur nos marges. Et ne pas attendre la croissance pour cela, mais la construire à partir d'un agenda que nous maîtrisons : notre organisation, nos façons de travailler, notre efficacité, et l'optimisation opérationnelle de notre portefeuille", affirme Emmanuel Faber, PDG de Danone.

Le marché reste sceptique

Le marché ne paraît pas très emballé par ces annonces au regard de l'évolution du titre ce matin. Alors que le CAC40 gagne environ 0,7%, l'action Danone cède 1,2% à 51,9 euros. "La crédibilité des nouveaux objectifs va être remise en question étant donné l'échec de Danone à atteindre son précédent objectif de marge (à moyen terme)", estime Jefferies. "Mais cela nous semble être un pas en avant, compte tenu de la faible valorisation et du consensus prudent".

L'accueil des investisseurs devrait être mitigé en raison de la très forte focalisation sur les marges et sur la réduction de coûts alors que les investisseurs attendent des mesures claires d'amélioration du profil de risque et une plus forte focalisation sur la croissance via l'innovation et la construction de gammes, notait pour sa part Oddo BHF, avant l'ouverture des marchés. En définitive, un margin reset est souhaité et le management en prend le contrepied. Le doute devrait donc persister sur la pertinence du plan... Dans un contexte de poursuite de la polarisation des multiples de valorisation dans le secteur des consumer staples, le broker pense que le derating pourrait perdurer et maintient ainsi son avis 'alléger' avec une cible de 50 euros.

RBC déclare enfin: "nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que nous avons déjà vécu cela avec Danone ... fréquemment. L'expérience suggère que "la prudence est de mise" même si RBC "aimerait penser que ce sera celui (ndlr : le plan) qui tiendra ses promesses".

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