Débâcle sur les marchés financiers argentins après les élections primaires

Débâcle sur les marchés financiers argentins après les élections primaires©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 12 août 2019 à 16h36

La lourde défaite surprise du président libéral Mauricio Macri lors des élections primaires organisées ce week-end en Argentine provoque un véritable cataclysme sur le marché financier local. Alberto Fernandez, dont la colistière est l'ancienne présidente Cristina Fernandez, a recueilli 47,65% des suffrages, reléguant Macri à plus de 15 points... Les sondages donnaient un retard d'un maximum de 8 points au président actuel.

Au vu des résultats, le ticket péroniste Alberto Fernandez-Cristina Fernandez de Kirchner pourrait l'emporter dès le premier tour lors de l'élection présidentielle prévue en octobre prochain. Une perspective qui ne réjouit guère les milieux d'affaires, qui redoutent "le retour à un populisme de gauche", comme le note la firme Capital Economics. Alberto Fernandez a en effet promis la gratuité des médicaments pour les retraités et une hausse des salaires pour les travailleurs, un discours porteur dans un pays où 27,3% de la population au moins vit sous le seuil de la pauvreté...

Ces résultats ont donc provoqué une véritable secousse dans les salles de marché. Le Merval, le CAC40 local, plonge de 12% à la mi-journée, enregistrant sa plus importante chute depuis 2008. La vulnérabilité de l'économie argentine, confrontée à une récession et à une inflation galopante, se lit également dans l'évolution de sa devise et des CDS. Ces 'credit default swap', qui mesurent le coût de la protection contre un défaut de l'Argentine, donnent désormais 70% de chances de voir Buenos Aires faire défaut sur sa dette au cours des cinq prochaines années.

Le peso, la monnaie locale, s'effondre pour sa part de plus de 24% face au dollar, à 60 pesos pour un dollar, un plancher historique. Alors que le pays a déjà obtenu l'an dernier un prêt d'urgence du FMI pour éviter de sombrer, les prochains mois s'annoncent encore sombres au pays du tango.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.