Déprime pour le Bitcoin et plongeon du NEM, après le plus grand piratage de l'histoire des 'cryptos'

Déprime pour le Bitcoin et plongeon du NEM, après le plus grand piratage de l'histoire des 'cryptos'
crypto-monnaie

Boursier.com, publié le lundi 29 janvier 2018 à 12h09

La déprime semble se confirmer sur les principales cryptomonnaies, en ce début de semaine, après le plus grand piratage de l'histoire des monnaies virtuelles... Le Bitcoin cède actuellement 4% sur Bitfinex à 11.389$, tandis que l'Ethereum fléchit de 2% à 1.195$. Le Ripple est presque inchangé sur 24 heures, à 1,28$ environ sur Poloniex. Le NEM (symbole XEM) poursuit son plongeon, reculant actuellement de 5% à 0,95$.

Piratage historique de 530 millions de dollars

La crypto-devise NEM a subi un piratage majeur sur la plateforme japonaise Coincheck, contrôlée par Coincheck, Inc. (dont le directeur général est Wada Koichiro). 523 millions de 'jetons' ont été dérobés pour un montant totalisant environ 530 millions de dollars (58 milliards de yens) - sur la base des cours de fin de semaine dernière. Environ... 260.000 utilisateurs de Coincheck auraient été affectés... Le NEM est l'une des dix principales cryptomonnaies.

Portefeuille chaud

Les unités dérobées étaient stockées 'à chaud', au lieu d'être placées dans des portefeuilles 'froids' plus sécurisés, car déconnectés d'Internet. En outre, les NEMs gobés par les pirates n'étaient pas protégés par un système multi-signature.

Excuses formulées

"Nous voudrions nous excuser sincèrement auprès de nos clients et de tous ceux qui ont été affectés par cet incident. Nous ferons de notre mieux pour apporter des changements significatifs à notre plateforme, afin de regagner la confiance de nos clients et de la communauté", a assuré Coincheck ce jour, en marge de l'annonce d'une demande d'amélioration des opérations de la FSA.

Précédemment, la plateforme avait demandé aux utilisateurs de ne plus effectuer de dépôts, jusqu'à la levée des restrictions. Les échanges et les retraits de NEMs avaient été suspendus, puis les échanges de toutes les 'cryptos', hors Bitcoin.

Le régulateur japonais va inspecter les autres plateformes

Après ce piratage record, le régulateur financier japonais a promis une inspection générale des plateformes locales d'échange de cryptomonnaies.

La FSA (Financial Services Agency) japonaise a évidemment demandé à Coincheck d'apporter à ses opérations les améliorations nécessaires. Le régulateur japonais attend de Coincheck un rapport détaillé au sujet du piratage. Les mesures de prévention devront être précisées le 13 février. Des inscriptions sur site sont également attendues, si nécessaires.

Coincheck s'engage

L'affaire Coincheck rappelle au Japon le triste souvenir de l'affaire Mt. Gox, plateforme dont l'effondrement brutal en 2014 avait semé le trouble dans le petit monde des 'cryptos'. Mt. Gox, dirigée alors par le Français Mark Karpelès, avait été considérée un temps comme la principale plateforme d'échange de Bitcoin.

Face au 'spectre' Mt. Gox, Coincheck a annoncé dès dimanche son intention de restituer environ 90% des sommes dérobées sur ses propres fonds. Le timing et la manière de procéder n'ont toutefois pas été précisés. La FSA doit tout de même déterminer si Coincheck dispose de fonds suffisants pour tenir ses promesses. La plateforme affirme pour l'heure qu'elle va rapidement renforcer sa gouvernance et la protection de ses clients, tout en développant ses systèmes de gestion du risque.

Enregistrement récent des 'échanges' par la FSA

Le régulateur japonais n'enregistre que depuis peu les opérateurs d'échanges de cryptomonnaies. Les plateformes ne doivent ainsi demander cet agrément que depuis avril 2017. Coincheck étant un opérateur préexistant, la firme n'a demandé son agrément qu'en septembre. 16 plateformes ont à ce stade été enregistrées auprès de la FSA.

La NEM Foundation relativise

Le NEM est une cryptomonnaie et une plateforme blockchain lancée début 2015. Cette blockchain est testée par des institutions financières et firmes privées, plus particulièrement en Asie. La 'NEM Foundation', basée à Singapour, a précisé, suite au piratage, que le système de traçabilité de la blockchain lui permettait de suivre tous les 'jetons' volés chez Coincheck. D'après la 'fondation', citée par l'agence Reuters, le pirate n'aurait pas déplacé les fonds vers un autre échange ou vers des comptes personnels. Néanmoins, la fondation n'est pas en mesure de restituer les fonds à leurs propriétaires.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU