Dernières tractations entre Vivendi et Rome sur Telecom Italia et Mediaset

Dernières tractations entre Vivendi et Rome sur Telecom Italia et Mediaset©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 18 septembre 2017 à 06h51

Les affaires se corsent pour Vivendi en Italie. L'entreprise, qui avait jusque-là plié sans rompre à la pression des autorités transalpines après son double raid sur Telecom Italia et Mediaset, va devoir céder du terrain. Il se murmure qu'elle pourrait finalement reconnaître exercer un contrôle sur l'opérateur de télécommunications transalpin, dont elle possède 24%. Vendredi, elle aurait en tout cas notifié sa détention à l'Etat italien, qui a clairement menacé de faire usage de son pouvoir spécial sur les sociétés jugées stratégiques. L'enjeu est de taille : non seulement le groupe Vivendi pourrait écoper d'une amende avoisinant les 300 millions d'euros, mais encore perdrait-il une partie de son influence puisque Rome aurait son mot à dire dans la gestion et un droit de veto sur certaines décisions.

Des bateaux contre des réseaux

En jouant l'apaisement, le groupe de Vincent Bolloré s'écarterait de sa ligne de défense. Jusqu'à présent, il a toujours affirmé ne pas partager l'analyse italienne selon laquelle il exerce un contrôle de fait sur Telecom Italia. Les autorités ont prévu de se réunir lundi prochain, le 25 septembre, pour statuer sur le cas Vivendi. D'ici là, d'autres annonces sont encore possibles. 'Il Sole 24 Ore' a par exemple ce week-end remis au goût du jour une rumeur qui circule depuis quelques temps déjà : un projet de scission de Telecom Italia est sur la table. Une partie baptisée TIM Rete hébergerait les actifs dits stratégiques, essentiellement le réseau filaire et la division de vente en gros Sparkle, tandis qu'une seconde, TIM Servizi, chapeauterait le haut débit et le mobile. Le Français détiendrait près de 24% de chacune des entités, la Caisse des dépôts transalpine possédant une option pour prendre le contrôle de TIM Rete sous certaines conditions. Mais Telecom Italia a démenti au cours du week-end un projet de division de ses activités.

L'Italie fait preuve d'une grande fermeté dans ce dossier jugé symbolique. Rome a du mal à digérer que les Français piochent sans vergogne dans les actifs nationaux alors que le flux inverse est bien plus modeste, voire bloqué comme dans le cas des chantiers STX. Les deux affaires pourraient d'ailleurs être en partie liées. Si les deux pays se mettent d'accord sur une reprise du chantier naval par Fincantieri d'ici la date-butoir du 27 septembre, la position italienne vis-à-vis de Vivendi gagnerait certainement en souplesse. C'est du moins le message qu'ont cherché à faire passer certains négociateurs dernièrement.

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