Devises : coup de froid sur le dollar, l'activité US cale en février

Devises : coup de froid sur le dollar, l'activité US cale en février©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 21 février 2020 à 20h45

Le dollar a piqué du nez vendredi, alors qu'il évoluait ces derniers jours à son plus haut niveau depuis près de 3 ans. La contraction surprise de l'activité aux Etats-Unis en février, mesurée par les indices PMI, a mis en évidence les premiers effets concrets du coronavirus sur l'économie américaine.

L'indice du dollar (qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises) perdait vendredi soir 0,6% à 99,27$ points, plombé par les mauvais indices PMI aux Etats-Unis en février, tandis que l'euro rebondissait de 0,66% à 1,0855$ sur fond d'indicateurs d'activité supérieurs aux attentes dans la zone euro malgré le Covid-19.

Première contraction de l'activité US depuis octobre 2013

Aux Etats-Unis, l'activité économique du secteur privé s'est donc contractée en février pour la première fois depuis plus de 6 ans, en octobre 2013, plombée par une chute surprise de l'activité dans les services, qui sont le principal moteur de la croissance aux Etats-Unis.

L'indice PMI composite (établi après enquête auprès des directeurs d'achat des entreprises) est ainsi tombé à 49,6 en février, alors que les économistes tablaient sur un niveau de 52,5, après 53,1 en janvier. Cet indice traduit donc une contraction de l'activité, puisqu'il ressort inférieur à la barre fatidique des 50.

Dans le détail, l'indice manufacturier est ressorti en légère expansion à 50,8, contre 51,4 de consensus, tandis que l'indicateur PMI des services a plongé à 49,4, contre 53,3 de consensus de place. Ce chiffre a particulièrement inquiété, les services étant à l'origine des deux-tiers de la croissance du PIB aux Etats-Unis.

Par contraste, dans la zone euro, les indices PMI flash de février sont ressortis meilleurs que prévu. L'indice PMI Composite IHS Markit a atteint 51,6, contre 51,3 en janvier, et 51 de consensus. L'indice des services s'est redressé à 52,8 (52,5 en janvier et 52,3 de consensus) et l'indice manufacturier est ressorti à 49,1 (47,9 en janvier et 47,4 de consensus), au plus haut depuis 12 mois.

Les taux US à 30 ans au plus bas historique, l'or au plus haut depuis 7 ans

Aux Etats-Unis, les investisseurs se sont rués cette semaine sur les obligations, faisant reculer les taux d'intérêts, qui évoluent en sens inverse des cours. Le rendement du T-Bond à 10 ans est tombé vendredi à 1,47%, au plus bas depuis juillet 2016, tandis que le taux du T-Bond à 30 ans a lui chuté vendredi à un plus bas historique de 1,92%, après l'annonce de l'indice PMI composite décevant outre-Atlantique.

Face aux craintes d'une propagation de l'épidémie du coronavirus dans le monde, l'or pointe aussi en tête des valeurs-refuge. Vendredi, le cours de l'once a bondi de 1,8% pour atteindre 1.649,75$ l'once, pour le contrat à terme d'avril coté sur le Comex, montant à son plus haut niveau depuis 7 ans, en janvier 2013.

La Fed reste stoïque, jugeant temporaire l'effet du coronavirus

Les craintes des marchés contrastent avec les dernières déclarations de responsables américains de la Réserve fédérale, qui maintiennent leur ligne conservatrice en matière monétaire. Vendredi, le président de la Fed de St Louis, James Bullard, a indiqué sur 'CNBC' que les espoirs d'une baisse des taux de la Fed étaient exagérés. "Il y a une grande probabilité pour que le coronavirus passe, comme d'autres virus l'ont fait avant lui, il provoquera un choc temporaire puis tout reviendra" à la normale, a-t-il estimé.

La veille, le vice-président de la Fed Richard Clarida s'était lui aussi montré peu préoccupé par l'impact potentiel de l'épidémie de coronavirus, et n'a pas laissé entendre que la Fed aurait à modifier sa politique monétaire dans les prochains temps. Interrogé lui aussi sur 'CNBC', le numéro 2 de la Fed a expliqué jeudi que 'les fondamentaux aux Etats-Unis sont solides : une croissance soutenue, un marché du travail au plus haut depuis 50 ans, une stabilité des prix avec une inflation proche de notre objectif (...) Le tableau parfait", a-t-il conclu.

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