Devises : forte hausse de l'euro, spéculations sur la BCE

Devises : forte hausse de l'euro, spéculations sur la BCE©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 26 mars 2018 à 20h10

L'euro a quelque peu gâché la tentative de rebond des Bourses européennes, lundi, en se renforçant fortement face au dollar, après des déclarations de Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, évoquant la fin prochaine des mesures exceptionnelles de la BCE.

Lundi soir, la devise unique européenne bondissait ainsi de 0,78%, à 1,2453$, au plus haut depuis près de 6 semaines, le 15 février dernier. Cette poussée de l'euro a pesé sur les cours de Bourse des sociétés exportatrices européennes : a la clôture, l'indice EuroStoxx 50 a chuté de 0,6%, malgré un début de séance en hausse face à des signes de désescalade dans les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

De son côté, le dollar est resté déprimé face à l'euro et à un panier de devises internationales. L'indice du dollar, qui mesure sa variation face à un panier de six devises, cédait lundi soir 0,45% à 89,03, alors que les investisseurs restent méfiants concernant l'issue des négociations commerciales tendues entre Washington et Pékin.

Jens Weidmann dans la perspective d'une normalisation pour la BCE

En Europe, c'est un discours prononcé à Vienne par Jens Weidmann qui a fait bondir l'euro, même si le banquier centrale allemand, considéré comme un "faucon" en matière monétaire ne s'est pas montré plus ferme qu'à son habitude. Le président de la Bundesbank a ainsi souligné que la reprise actuelle en zone euro "ne durera pas éternellement", et c'est pourquoi il est "si important" que la BCE "commence bientôt" à mettre un terme à son dispositif actuel anti-crise.

Considéré comme le candidat le plus sérieux pour succéder à Mario Draghi à la tête de la BCE en octobre 2019, M. Weidmann a ajouté qu'il n'était "pas totalement irréaliste" d'anticiper une hausse de taux vers la mi-2019, ce qui correspond au calendrier que les marchés anticipent actuellement.

La BCE a déjà fait un pas vers la normalisation de sa politique en réduisant de moitié depuis janvier le volume de ses achats d'actifs, passant de 60 à 30 milliards d'euros par mois, avec l'intention de le poursuivre au moins jusqu'à septembre. Ce programme de "QE" pourrait prendre fin autour de décembre 2018, pensent la plupart des économistes.

Comment la zone euro va-t-elle supporter la remontée des taux ?

Le processus de normalisation entraînera un retour progressif des taux d'intérêt à long terme de la zone euro au voisinage du taux de croissance économique. Or, actuellement, le taux à 10 ans français n'est que de 0,75% et celui de l'Allemagne est de 0,52%, alors que la croissance du PIB de la zone euro est attendue à 2,3% en 2018 puis à 2% en 2019 par l'institut Eurostat...

Dans une étude publiée lundi, la banque Natixis s'est interrogée sur la capacité de l'économie européenne à supporter une remontée des taux. En effet, celle-ci entraînera de nombreux effets traumatisants, à commencer par une hausse des taux d'intérêts payés par les Etats, les ménages et les entreprises. Une situation qui devrait aussi entraîner une correction de la valorisation des actions, selon Natixis.

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