Devises : l'euro avance, Berlin préparerait un plan de relance

Devises : l'euro avance, Berlin préparerait un plan de relance©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 09 septembre 2019 à 22h01

L'euro s'est apprécié lundi, malgré les anticipations de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire ce jeudi, à l'occasion d'une réunion très attendue de la BCE. Après un début de séance sans changement notable, la devise européenne s'est hissée jusqu'à 1,1068$ (+0,37%), avant de finir la journée à 1,1050$, en hausse d'environ 0,2%.

La monnaie unique européenne s'est réveillée après la publication d'informations par l'agence 'Reuters', affirmant que l'Allemagne réfléchit à un budget parallèle visant à augmenter l'investissement public tout en respectant ses règles budgétaires.

Le gouvernement allemand envisagerait ainsi de créer de nouveaux organismes publics qui pourraient emprunter pour investir et soutiendraient ainsi l'économie sans remettre en cause les règles strictes encadrant la dette publique, selon trois sources au fait du dossier citées par 'Reuters'.

La création de ces nouvelles entités publiques indépendantes permettraient à l'Allemagne de tirer parti de la faiblesse historique des taux d'intérêt pour investir dans les infrastructures et la lutte contre le dérèglement climatique, au-delà des seuils d'endettement fixés par sa constitution, ont expliqué ces trois personnes.

Fin août, l'euro avait chuté sous 1,10$ pour la première fois depuis avril 2017, plombé par des statistiques macro-économiques moroses dans la zone euro, notamment l'annonce d'un recul du PIB allemand au 2ème trimestre (-0,1%), qui a fait naître la crainte d'une récession outre-Rhin, le 3è trimestre menaçant également de connaître une décroissance du PIB. Les spéculations sur de nouvelles mesures de soutien de la BCE, sous forme de nouvelles baisses de taux, voire d'une reprise des rachats d'actifs, ont pesé sur le cours de l'euro.

Des besoins d'investissement de 138 MdsE outre-Rhin

La règle du "Schuldenbremse" (frein à l'endettement), autorise un déficit du budget fédéral équivalent à 0,35% du PIB, soit environ 12 milliards de d'euros par an, mais une fois pris en compte différents facteurs dont le taux de croissance du PIB, Berlin ne pourra réellement augmenter ses emprunts que de 5 MdsE en 2020.

Or, face au danger d'une récession, la première économie de la zone euro aurait besoin d'investir non moins de 138 MdsE, a estimé la banque publique de développement KfW dans un rapport.

Pour l'instant, des porte-parole du ministère des Finances et de celui des Affaires économiques et de l'Energie ont refusé de commenter ces informations.

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