Devises : l'euro commence l'année en baisse face au dollar

Devises : l'euro commence l'année en baisse face au dollar
billet 10 euros

Boursier.com, publié le jeudi 16 janvier 2020 à 19h59

Les deux premières semaines de 2019 ont profité au dollar, qui s'est renforcé face aux principales devises de référence, profitant de la publication de statistiques macro-économiques solides aux Etats-Unis et de la signature de l'accord commercial de Phase 1 entre les Etats-Unis et la Chine. Ce dernier pourrait booster la croissance économique américaine de 0,5 point cette année, estime Washington.

En deux semaines, l'indice du dollar, qui mesure ses variations face à 6 devises de référence (euro, yen, livre sterling, dollar canadien, franc suisse et couronne suédoise) a progressé de 0,9%, tandis que l'euro a reculé de 0,7% face au billet vert.

Jeudi soir, l'indice du dollar évoluait à 97,32 points (+0,1%), tandis que l'euro reculait de 0,14% à 1,1134$. L'euro avait pourtant démarré la séance en hausse, montant jusqu'à 1,1170$ en séance, mais le dollar s'est renforcé après la publication d'une hausse plus forte que prévue des ventes de détail aux Etats-Unis en décembre, qui témoigne de la vigueur de la consommation et donc de la croissance outre-Atlantique. En outre, les demandes d'indemnisation de chômage ont reculé la semaine dernière et l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie s'est nettement renforcé en janvier, favorisant également le billet vert.

L'économie de la zone euro peine à rebondir

Du côté européen, les incertitudes conjoncturelles se prolongent, notamment en Allemagne, où la croissance a ralenti en 2019 à seulement 0,6% (après 2,5% en 2018), tombant au plus bas depuis 2013. En outre, dans la zone euro, la production industrielle a rebondi moins que prévu (+0,2%) en novembre, après une baisse de 0,9% en octobre, a annoncé mercredi Eurostat. Le consensus était positionné à +0,3%. En glissement annuel, la production s'est repliée de 1,5% contre une baisse de 1% attendue.

Les Minutes de la dernière réunion de la BCE, publiées jeudi, ont pourtant montré que les membres du Conseil des gouverneurs ont exprimé un jugement plus optimiste sur la situation économique lors de leur réunion de décembre. Ils ont cependant jugé justifié le maintien d'une politique monétaire très accommodante au vu de multiples risques qui demeurent sur le Vieux continent.

La BCE voit le verre à moitié plein

La BCE a laissé sa politique monétaire inchangée le 12 décembre à l'issue de cette réunion, la première présidée par Christine Lagarde, mais elle a estimé que le risque politique refluait, que les tensions inflationnistes semblaient se redresser et que le secteur manufacturier de la zone euro paraissait avoir touché le fond. La prochaine réunion de politique monétaire aura lieu le 23 janvier, et les marchés attendent un statu quo monétaire. Si la banque centrale européenne maintient sa vision optimiste pour 2020, l'euro pourrait s'en trouver soutenu, n'anticipant plus de mesures d'assouplissement monétaire.

Selon une note de Danske Bank publiée jeudi, la parité euro/dollar devrait continuer d'évoluer à court terme dans une fourchette étroite autour de 1,11$. A horizon 6 à 12 mois, les analystes de Danske Bank envisagent un modeste potentiel de hausse de l'euro, qui reste fondamentalement sous-évalué selon eux. La devise européenne pourrait ainsi avoisiner les "1,11$ sur un mois, puis 1,13$ à horizon 6 mois et 1,15$ dans 12 mois".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.