Devises : l'euro corrige après des propos de Fabio Panetta (BCE)

Devises : l'euro corrige après des propos de Fabio Panetta (BCE)©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 26 mai 2021 à 21h05

Après avoir atteint mardi ses plus haut niveaux depuis début janvier, l'euro a subi mercredi des prises de bénéfices après des déclarations de Fabio Panetta, l'un des membres du directoire de la BCE, estimant qu'il était encore trop tôt pour débattre d'une réduction du rythme des achats d'actifs dans le cadre du programme de lutte contre la pandémie (PEPP) de la banque centrale européenne.

Après avoir atteint mardi ses plus haut niveaux depuis début janvier, l'euro a subi mercredi des prises de bénéfices après des déclarations de Fabio Panetta, l'un des membres du directoire de la BCE, estimant qu'il était encore trop tôt pour débattre d'une réduction du rythme des achats d'actifs dans le cadre du programme de lutte contre la pandémie (PEPP) de la banque centrale européenne.

Mercredi soir, l'euro redonnait ainsi 0,5% à 1,2189$ dans les échanges interbancaires à New York, tandis que l'indice du dollar regagnait 0,49% à 90,08 points face à un panier de six devises de référence (euro, yen, franc suisse, livre sterling, dollar canadien et couronne suédoise). Mardi, l'euro s'était hissé en séance jusqu'à 1,2267$.

Le dollar s'était effrité ces derniers jours dans le sillage d'un recul des rendements de la dette souveraine des Etats-Unis. Les investisseurs semblent désormais parier sur le fait que la Réserve fédérale, qui ne cesse de répéter qu'elle juge l'inflation temporaire, ne se pressera pas pour réduire son soutien monétaire aux marchés.

A l'inverse, des informations en provenance de la BCE laissaient entendre que l'institut monétaire européen pourrait agir avant la Fed pour réduire son soutien au marchés. La reprise économique dans la zone euro semblant désormais en bonne voie, certains observateurs et des responsables de la BCE estiment qu'elle doit commencer à réduire la portée de ces mesures d'urgence.

Pas de débat sur le PEPP dès la réunion de juin de la BCE

Plusieurs membres de la BCE ont cependant jugé une telle décision très peu probable dès la réunion du 10 juin. Fabio Panetta a été dans le même sens mercredi, en, affirmant que la BCE ne doit pas réduire le rythme de ses achats de titres sur les marchés dès le mois prochain.

"La situation que nous observons aujourd'hui ne justifie pas la réduction du rythme des achats et un débat sur la sortie progressive du PEPP (le programme d'achats d'urgence face à la pandémie) est encore clairement prématuré", a dit Fabio Panetta au quotidien japonais 'Nikkei'.

"En fait, nous assistons actuellement à une nouvelle augmentation indésirable des rendements après la hausse que nous avions observée plus tôt dans l'année", a-t-il ajouté en soulignant que la remontée des rendements obligataires et l'appréciation de l'euro qu'elle favorise pourraient freiner l'inflation, à l'opposé du but recherché par la BCE.

Pas de poussée inflationniste en vue dans la zone euro

Vendredi dernier, Christine Lagarde, la présidente de l'institution monétaire européenne, avait elle aussi jugé qu'il serait prématuré de débattre de la fin du PEPP dès la réunion de politique monétaire du 10 juin.

Fabio Panetta a également estimé que l'accélération de l'inflation en zone euro ne se prolongera pas au-delà de cette année, car elle est liée à la hausse des prix des matières premières et non alimentée par des éléments intérieurs à la zone euro. Il a ajouté que l'inflation de base (hors énergie et alimentation), à 0,7% en avril sur un an, restait "très faible". Par comparaison, l'inflation de base a atteint 3% au Etats-Unis en avril sur un an, bien supérieure à l'objectif de 2% de la Fed.

"Nous ne devons pas extrapoler à partir de la situation aux Etats-Unis. Nous ne nous attendons pas au même type de poussée de la demande et de tensions sur le marché du travail qui engendreraient des tensions durablement élevées sur les prix", a également indiqué le banquier central, en rappelant que la BCE anticipe une inflation de 1,2% en zone euro en 2022 et de 1,4% en 2023.

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