Devises : l'euro en berne malgré une bonne "stat" allemande

Devises : l'euro en berne malgré une bonne "stat" allemande©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 08 mai 2018 à 21h00

Les marchés des changes ont connu une nouvelle journée agitée, mardi, caractérisée par la poursuite du renforcement du dollar face à l'euro, mais aussi face à de nombreuses devises de pays émergents, dont les monnaies souffrent de désaffection en faveur du dollar américain.

Mardi soir, peu après la décision de Donald Trump de quitter l'accord sur l'Iran, l'indice du dollar progressait de 0,3% à 93,01 face à un panier de six devises de référence (euro, yen, franc suisse, livre sterling, dollar canadien et couronne suédoise). Avant la décision du président américain, le billet vert avait progressé un peu plus, de l'ordre de 0,4%.

La production industrielle allemande rebondit, l'Italie toujours sans gouvernement

De son côté, l'euro n'a pas réagi aux propos de Trump, et cédait en fin de journée 0,55% à 1,1860$, au plus bas depuis plus de 4 mois, à la fin décembre 2017, malgré la publication de statistiques plutôt rassurantes pour l'économie européenne venues d'Allemagne. Ainsi, la production industrielle a rebondi outre-Rhin de 1% en mars par rapport à février, alors qu'un mois plus tôt, elle avait plongé de 1,6%. Le secteur de la construction notamment, a progressé de 0,6% après un plongeon de 3,1% en février, qui apparaît avoir été essentiellement lié à des intempéries passagères. Ces chiffres laissent penser que le premier trimestre s'est bien mieux achevé qu'il n'avait commencé pour les industriels de la première économie européenne.

Les marchés se sont en revanche inquiétés des derniers développements politiques en Italie, où la dernière tentative pour former un gouvernement a échoué, deux mois après les élections législatives. L'indice boursier italien MIB a cédé mardi 1,6%, notamment plombé par les valeurs bancaires, tandis que le taux des emprunts d'Etat italiens se sont tendus (+10 points de base à 1,86% pour l'emprunt à 10 ans)

La BCE voit toujours des perspectives économiques solides dans la zone euro

Les investisseurs sont en outre restés largement indifférents aux propos de deux responsables de la BCE, qui se sont montrés rassurants pour la croissance et l'inflation dans la zone euro. Vitas Vasiliauskas, membre du conseil des gouverneurs, a indiqué que "nous continuons d'anticiper une croissance solide et généralisée". Dans un entretien au journal allemand 'Börsen-Zeitung' publié mardi, il a confirmé la possibilité que la BCE cesse ses achats d'actifs à la fin 2018, un calendrier anticipé par les marchés. "La fin des achats nets d'actifs d'ici la fin de cette année me semble un scénario réaliste et approprié au vu des perspectives de croissance et d'inflation". Il a ajouté que les anticipations de marché sur une première hausse de taux de la BCE entre six et neuf mois après la fin des achats d'actifs sont "logiques et appropriées."

De son côté, l'économiste en chef de la BCE, Peter Praet, a estimé lundi soir que l'accès de faiblesse actuel de l'inflation dans la zone euro devrait être temporaire, et que la hausse des prix devrait remonter autour de 1,5% dans les mois à venir. En avril, l'inflation a subi un recul inattendu dans la zone euro, à seulement 1,2% sur un an (après 1,3% en mars).

Le billet vert fait figure de valeur refuge

Dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu, notamment au Moyen-Orient, le billet vert fait figure de valeur refuge et profite de la hausse des taux d'intérêts outre-Atlantique, qui rendent les placement en dollars comparativement plus rémunérateurs. Ce mouvement en faveur du dollar entraîne des secousses dans de nombreux pays émergents, en particulier ceux qui connaissent des problèmes intérieurs.

Parmi les devises émergentes en difficultés, figurent le peso colombien, qui a chuté mardi de 2% face au dollar, tandis que le nouveau peso argentin a abandonné 2,4% et que la livre turque a perdu 1,4%. Selon l'indice JP Morgan des devises des marchés émergents (JPM Emerging Markets currency index), les devises de ces marchés ont chuté en moyenne de 6% face au dollar depuis la fin mars.

Mardi, le président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell a réagi à ces turbulences en estimant dans une intervention publique que la normalisation des taux en cours dans les pays développés devrait "rester gérable" pour les économies émergentes.

Confirmant que la Fed poursuivra son approche "graduelle" pour son resserrement monétaire, le patron de la Fed a estimé que l'impact de la politique monétaire américaine sur les conditions financières des autres pays est "souvent exagéré", "même s'il on assiste à des flux de capitaux liés au fait que le dollar joue un rôle important de monnaie de réserve pour les investisseurs mondiaux".

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