Devises : l'euro en hausse malgré les propos de Lagarde

Devises : l'euro en hausse malgré les propos de Lagarde©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 21 janvier 2021 à 21h15

Le cours de l'euro a progressé jeudi face au dollar, malgré une nouvelle affirmation par la présidente de la BCE Christine Lagarde des problèmes posés par le niveau élevé de la devise unique européenne.

Dans les échanges entre banques à New York, l'euro progressait jeudi soir de 0,5% à 1,2164$, proche de ses plus hauts niveaux depuis trois ans, tandis que l'indice du dollar (qui reflète son évolution face à 6 devises de référence) pointait à 90,11 points (-0,40%). Le dollar baissait ainsi pour la troisième séance consécutive face aux autres grandes devises, toujours en raison de l'anticipation des mesures de relance promises par l'administration Biden.

Du côté de la BCE, qui a maintenu jeudi en l'état sa politique monétaire ultra-accommodante, Christine Lagarde a mis en avant, jeudi, les risques baissiers pesant sur les perspectives économiques à court terme dans la zone euro en raison de la résurgence de la pandémie de coronavirus. Des risques que la patronne de la BCE juge toutefois "moins prononcés" qu'auparavant à moyen terme.

L'euro fort "pèse sur l'inflation" relève Christine Lagarde

Dans sa conférence de presse suivant la réunion de la BCE, Mme Lagarde a réaffirmé que l'institution surveille l'évolution du taux de change de l'euro, en raison de l'impact négatif de sa hausse sur l'inflation. "Il pèse sur l'inflation", a-t-elle noté au sujet du niveau de l'euro.

Un euro fort fait baisser le coût des importations (facteur déflationniste) et en outre, il rend les exportations de la zone euro moins compétitives, un facteur qui pèse sur la reprise de la croissance économique.

L'appréciation de l'euro, qui a gagné 9,5% par rapport au dollar depuis début 2020, il y a un peu plus d'un an, constitue un casse-tête pour la banque centrale, qui n'arrive pas à faire remonter l'inflation vers son objectif de 2% en glissement annuel.

Faiblesse de la demande et du marché du travail

Jeudi, Mme Lagarde a indiqué que l'inflation reste très faible dans la zone euro dans le contexte d'une demande faible et de marchés du travail et des produits sans vigueur.

Sur la base de la dynamique actuelle des prix de l'énergie, l'inflation globale devrait néanmoins augmenter dans les prochains mois, également soutenue par la fin de la réduction temporaire de la TVA en Allemagne, selon la patronne de la BCE.

Toutefois, les pressions sous-jacentes sur les prix devraient rester modérées en raison de la faiblesse de la demande, notamment dans les secteurs du tourisme et des voyages, ainsi que des faibles pressions salariales et de l'appréciation du taux de change de l'euro.

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