Devises : l'euro et la livre bondissent en fin de semaine !

Devises : l'euro et la livre bondissent en fin de semaine !©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 25 janvier 2019 à 21h40

Après un recul de 0,7%, jeudi, lié à des commentaires de Mario Draghi évoquant la "faiblesse" de l'économie européenne, l'euro est reparti en nette hausse vendredi. La devises européenne a bondi de 0,99% à 1,1416$, après avoir chuté la veille jusqu'à 1,1292$ en séance...

De son côté, la livre sterling a poursuivi son "rally", les marchés anticipant une solution politique évitant un "Brexit dur" au Royaume-Uni. Le sterling a bondi de 1,05% vendredi à 1,3203$ et a gagné non moins de 2,6% sur la semaine ! Mardi prochain, le parlement britannique votera sur le "Plan B" de la Première ministre britannique Theresa May. Un rejet est très largement anticipé, ouvrant la voie à toutes les options : démission de Mme May, report du Brexit, 2ème référendum, mais aussi un "Brexit dur" auquel les entreprises se préparent avec inquiétude...

La Fed mettrait la pédale douce sur la réduction de son bilan

Les devises européennes ont aussi bénéficié vendredi d'un accès de faiblesse du dollar. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises de référence (euro, yen, franc suisse, livre sterling, dollar canadien et couronne suédoise) a reculé de 0,85% à 95,78 points, après des rumeurs rapportées par l'agence 'Bloomberg', selon lesquelles la Réserve fédérale américaine pourrait mettre fin plus tôt que prévu à son programme de réduction de bilan.

Cette mesure reviendrait à assouplir la politique monétaire américaine, sans pour autant toucher aux taux d'intérêts. La Fed tiendra une réunion mardi et mercredi prochain, à l'issue de laquelle les marchés n'attendent pas de modification des taux directeurs.

Mario Draghi voit des risques accrus, mais se tient prêt à agir

Jeudi, l'euro avait brusquement fléchi après les propos de Mario Draghi, le président de la BCE. Au cours de la conférence de presse tenue à l'issue de la réunion de la banque centrale européenne, M. Draghi a indiqué que "les indicateurs continuent de se révéler plus faibles que prévu" dans la zone euro, en raison d'une demande extérieure plus modérée.

Le patron de la BCE a cité le ralentissement de la croissance en Chine, l'atténuation des effets des mesures de relance budgétaire aux Etats-Unis et le ralentissement de l'activité dans le secteur automobile en Allemagne comme facteurs de risque accrus.

Il a néanmoins écarté tout risque de récession en Europe, et a affirmé que la BCE "dispose encore de toute notre boîte à outils", avant d'évoquer "le programme de rachats d'actifs" auquel l'institut monétaire vient de mettre fin, ainsi que les prêts géants que la BCE peut de nouveau accorder aux banques sous la forme d'opérations de refinancement ciblées à long terme (TLTRO).

La locomotive allemande est en panne

Jeudi, l'indice d'activité PMI "flash" composite de la zone euro a montré que l'activité stagnait désormais dans la région. L'indice est ainsi tombé à 50,7 en janvier, tout juste au-dessus de la barre des 50 qui sépare croissance et contraction, après 51,1 en décembre.

Vendredi, le coup de froid s'est confirmé en Allemagne, première économie de la zone euro, où l'indice "Ifo" du climat des affaires est tombé au plus bas depuis février 2016. L'indice calculé par l'institut économique "Ifo" est descendu à 99,1 points en janvier, après avoir atteint 101 points en décembre.

Selon le quotidien économique allemand 'Handelsblatt', le gouvernement allemand ne prévoit désormais plus que 1% de croissance cette année, et non plus 1,8%, en raison du ralentissement économique mondial et du Brexit. L'annonce officielle devrait intervenir mercredi prochain à Berlin.

Les facteurs politiques pourraient peser sur l'euro ce printemps

Dans ce contexte difficile, les analystes de la banque Rabobank se montrent prudents sur l'évolution de l'euro, citant les risques politiques qui entourent la devise à l'approche des élections européennes de mai. "Tandis que nous restons optimistes sur le fait que le tassement de la croissance européenne sera peu profond et temporaire, les risques politiques pourraient jeter une ombre sur l'euro cette année", écrivent les analystes.

Rabobank ajoute qu'"il est clair que les protestations des "Gilets jaunes" en France ont fait dérailler la politique de réformes favorables aux marchés du président Macron. Ce facteur, couplé au risque que les élections européennes soient l'occasion pour des courants populistes de se distinguer dans la région, pourrait peser sur le cours de l'euro au printemps prochain", conclut la banque néerlandaise.

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