Devises : l'euro et la livre en difficulté face au dollar

Devises : l'euro et la livre en difficulté face au dollar©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 24 octobre 2018 à 19h43

La séance de mercredi a été laborieuse pour l'euro et la livre sterling, qui ont reculé sous l'effet conjugué des tensions liées à la dérive de la dette de l'Italie, d'un ralentissement constaté de l'activité économique dans la zone euro et des craintes d'un Brexit sans accord.

En soirée, l'euro reculait de 0,74% face au billet vert, tombant sous 1,14$, à 1,1385$, au plus bas depuis la mi-août. La baisse s'est accélérée après l'annonce d'une nette baisse de l'indice d'activité composite PMI en zone euro en octobre. La monnaie unique européenne a désormais reculé de plus de 3% depuis le 20 septembre, sous le poids des tensions avec l'Italie, et de plus de 8% depuis le mois de février lorsque la devise frôlait 1,25$.

L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, progressait mercredi soir de 0,54% à 96,48 points.

L'activité en zone euro retombe au plus bas depuis deux ans

La livre sterling chutait quant à elle de 0,84% à 1,2874$, revenant à son plus bas niveau depuis environ 6 semaines, alors que les discussions sur le Brexit restent dans l'impasse. La Première ministre britannique Theresa May a fait un point d'étape, ce mercredi devant le Parlement britannique, où elle a été confrontée aux "hard brexiters" au sein de son parti conservateur. Le futur statut de la frontière irlandaise continue de bloquer toutes les tentatives d'accord.

Dans la zone euro, les derniers indicateurs macro-économiques ont montré un net ralentissement de l'activité en octobre, en particulier en Allemagne. L'indice PMI Flash Composite de l'activité globale s'est replié de 54,1 à 52,7 en octobre, au plus bas depuis plus de deux ans, et ressort nettement inférieur au consensus (53,9). Les perspectives d'activité à douze mois se sont repliées au plus bas de près de 4 ans (et à un plus bas de 6 ans dans l'industrie manufacturière) tandis que les créations de postes ont ralenti.

A noter que la France s'inscrit à contre-courant de cette tendance : l'activité dans le privé a accéléré ce mois-ci grâce au dynamisme du secteur des services, qui a permis de compenser un ralentissement dans l'industrie, où la croissance a été la plus faible depuis plus de deux ans, selon la version préliminaire des indices IHS Markit publiés ce mercredi.

Le bras de fer se poursuit entre la Commission européenne et l'Italie

Par ailleurs, les tensions ne se sont pas apaisées au lendemain du rejet historique du budget italien par la Commission européenne, qui a donné trois semaines à Rome pour modifier sa copie. Mattéo Salvini, ministre de l'Intérieur et homme fort de la coalition gouvernementale, campe pour l'instant sur ses positions en affirmant que "personne ne retranchera un euro de ce budget".

Mardi à Strasbourg, un incident a suivi la conférence de presse du Commissaire européen Pierre Moscovici. Un eurodéputé italien de la Ligue (extrême droite), Angelo Ciocca, a écrasé avec sa chaussure les notes du commissaire européen aux Affaires économiques...

Pierre Moscovici a réagi mercredi sur Twitter, en appelant à la vigilance contre les atteintes à la démocratie.

Le budget italien pour 2019 affiche un déficit prévisionnel de 2,4% du produit intérieur brut (PIB), contre 0,8% promis en juillet par le précédent gouvernement de centre-gauche. Si sa nouvelle copie est retoquée, Rome pourrait être officiellement visé par une "procédure pour déficit excessif", avec à la clé des sanctions financières pouvant aller jusqu'à 0,2% de son PIB, soit 3,4 milliards d'euros dans la cas de l'Italie.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.