Devises : l'euro et les taux poursuivent leur ascension

Devises : l'euro et les taux poursuivent leur ascension©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 20 décembre 2017 à 19h40

Les ajustements sur les marchés de changes et obligataires se sont poursuivis mercredi pour la deuxième séance, les investisseurs s'adaptant au nouvel environnement qui se manifestera après l'entrée en vigueur de la réforme fiscale aux Etats-Unis. Les futures politiques monétaire de la Fed et de la BCE font aussi l'objet de spéculations de la part des marchés.

Comme la veille, l'euro s'est apprécié mercredi face au billet vert, progressant en soirée de 0,35% à 1,1885$, ce qui porte sa hausse à 1,1% en trois séances. Face à un panier de six devises de référence, le dollar reculait de 0,14% à 93,31.

Quant aux marchés obligataires, ils ont été affectés par des prises de bénéfices appuyées, qui ont fait grimper les taux d'intérêts ces derniers jours. Le rendement du T-Bond américain à 10 ans a gagné 2 points de base mercredi à 2,48%, après un bond de 7 pdb mardi et de 4 pdb lundi.

La tension sur les taux a également été forte en Europe : le rendement du Bund allemand à 10 ans a pris mercredi 3 pdb à 0,40% (après +7 pdb mardi), tandis que celui de l'OAT de même échéance a grimpé de 3 pdb à 0,73% (après +8 pdb mardi) et celui de l'emprunt italien à 10 ans a progressé de 2 pdb à 1,92% (après +11 pdb mardi).

Risques d'inflation et de tensions sur les taux avec la réforme fiscale

La réforme fiscale étant sur le point d'être définitivement validée, les investisseurs s'interrogent sur sa capacité à produire un supplément de croissance aux Etats-Unis. Dans le doute, ils ont dénoué leurs positions sur le dollar, qui avait progressé depuis septembre dans l'anticipation de la réforme, dont Donald Trump espère qu'elle permettra à la croissance américaine de remonter au-dessus de 3% par an.

Si ses effets sur la croissance restent incertains, la réforme fiscale devrait en revanche se traduire avec plus de certitude par un accroissement du déficit public des Etats-Unis, et par une accélération de l'inflation, estiment le investisseurs. La tension sur les taux traduit ainsi la crainte que le cocktail composé de baisses massives d'impôts et de futures taxes à l'importation ne se traduise par des prix plus élevés et donc un environnement de taux plus hauts.

Dans ce contexte, les investisseurs se montrent prudents à l'approche du changement de tête à la Réserve fédérale. La Fed a relevé la semaine dernière ses taux directeurs pour la 3ème fois en 2017, et ses dernières projections économiques montrent qu'elle devrait procéder à trois autres tours de vis en 2018. Cependant, toute inflexion du discours de la part de Jerome Powell, qui prendra la relève de Janet Yellen à la présidence de la Fed début février, pourrait modifier les anticipations du marché.

La BCE pourrait entrer dans une phase moins accommodante l'an prochain

Par ailleurs, en Europe, la future politique monétaire de la BCE pourrait s'orienter vers un biais moins accommodant. Mardi, Jens Weidmann, membre du conseil des gouverneurs de la BCE a incité la banque centrale européenne à mettre fin à sa politique monétaire actuelle. M. Weidmann, également président de la Bundesbank, la banque centrale allemande, a ainsi déclaré que l'inflation allait accélérer courant 2018 dans la zone euro, tandis que la hausse des salaires devrait se poursuivre. Or, l'inflation est l'élément déterminant pour la BCE dans la détermination de sa politique de taux d'intérêts.

Plusieurs pays, dont l'Allemagne et l'Autriche, poussent Mario Draghi, le patron de la BCE, à mettre fin en septembre prochain au programme de rachat d'actifs de la BCE, et à préparer le terrain à une remontée des taux d'intérêts.

Des taux plus hauts rendraient les placement en euros plus intéressants et seraient susceptibles de renchérir le cours de l'euro, qui a déjà gagné près de 13% cette année face au dollar. Une perspective qui inquiète les marchés d'actions européens : ils ont reculé depuis 48 heures sous l'effet du renchérissement de la monnaie unique, qui pénalise la compétitivité des entreprises exportatrices de la zone euro.

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