Devises : l'euro fait du yoyo après la réunion de la BCE

Devises : l'euro fait du yoyo après la réunion de la BCE©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 26 avril 2018 à 20h45

Le marché des changes a eu du mal, jeudi, à interpréter la position de la BCE et de son président Mario Draghi, qui a soufflé le chaud et le froid concernant les intentions de la banque centrale européenne...

Jeudi, la BCE n'a modifié en rien sa politique monétaire, ce qui était attendu par les marchés, mais les propos de Mario Draghi, tour à tour optimiste et prudent, ont divisé les analystes sur le calendrier de sortie du "QE" et de future remontée des taux directeurs.

L'euro revient au plus bas depuis trois mois et demi

Après les annonces de la BCE (stabilité des taux et programme d'achat d'actifs inchangé), l'euro a d'abord progressé jusqu'à 1,2203$ (+0,34%), les marchés estimant que l'institution maintenait le cap vers un resserrement progressif à partir de début 2019... Mais après la conférence de presse de M. Draghi, les avis ont divergé, et la devise a inversé la tendance, tombant jusqu'à 1,2102$ au plus bas de la séance, soit un écart de 0,8% entre le pic et le creux du jour...

En soirée, la monnaie unique européenne évoluait autour de 1,2105$, en recul de 0,46% par rapport à la veille, et au plus bas depuis le 11 janvier dernier. En parallèle, sur les marchés obligataires, on assistait à une nette détente des taux d'intérêts. Le rendement du Bund allemand à 10 ans a reculé de 4 points de base (centièmes de point) pour revenir à 0,59%, tandis que celui de l'OAT française de même échéance cédait aussi 4 pdb, à 0,81%.

Expansion solide dans la zone euro, mais inflation faible...

Le sentiment dominant semblait donc être que la BCE ne voit pas de signes d'accélération de l'inflation, et ne considère donc pas qu'il faille se hâter de retirer ses soutiens aux marchés. Et ce d'autant plus que la croissance de la zone euro montre actuellement quelques signes de faiblesse. Cette modération est toutefois considérée comme passagère par la banque centrale européenne, si l'on en croit son président qui a souligné la vigueur sous-jacente de l'économie de la zone euro.

Mario Draghi a ainsi expliqué qu'après plusieurs trimestres de croissance plus élevée que prévu, les informations reçues depuis notre réunion de mars indiquent une certaine modération, tout en restant cohérentes avec une expansion solide et généralisée de l'économie de la zone euro... La vigueur sous-jacente de l'économie de la zone euro continue à soutenir notre confiance sur le fait que l'inflation convergera vers notre objectif d'inflation, inférieur mais proche de 2%, à moyen terme, a-t-il poursuivi.

Toutefois, sur le front des prix, l'inflation sous-jacente reste faible et n'a pas encore montré de signes convaincants d'une tendance à la hausse soutenue, a reconnu Mario Draghi. La BCE continuera à surveiller de près l'évolution du taux de change et d'autres données financières en ce qui concerne leurs incidences possibles sur les perspectives d'inflation".

Rappelons que la hausse des prix à la consommation a plafonné à 1,3% en mars dans la zone euro, et à 1% en données sous-jacentes (hors énergie et alimentation), encore loin donc, de l'objectif de la BCE...

La BCE ne s'est pas inquiétée du niveau de l'euro

Le patron de la BCE a en outre affirmé que le conseil des gouverneurs n'a pas discuté jeudi de la question de la volatilité du marché des changes, un sujet qui avait été à l'ordre du jour lors de la réunion de mars, alors que l'euro avait dépassé fin février le seuil des 1,25$, faisant craindre des effets négatifs sur l'inflation et la compétitivité des entreprises européennes...

La hausse récente des taux obligataires américains n'a pas non plus été évoquée ce jeudi, ni même l'évolution future de la politique monétaire de la BCE. Ce sujet, qui passionne au plus haut point les investisseurs, devrait attendre la réunion de juin pour être débattu. Les analystes tablent en majorité sur la fin du programme d'achat d'actifs fin 2018, avant un premier relèvement des taux directeurs au plus tôt à la mi-2019, voire fin 2019.

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