Devises : l'euro fléchit après le ton accommodant de la BCE

Devises : l'euro fléchit après le ton accommodant de la BCE

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Boursier.com, publié le jeudi 14 décembre 2017 à 19h46

La paire euro/dollar s'est agitée depuis 24 heures au rythme des dernières décisions des banques centrales américaine et européenne. Mercredi, après les annonces jugées conciliantes de la Fed, le dollar s'est nettement affaibli (-0,75%) mettant fin à une longue série de 7 hausses consécutives. Mais jeudi, le billet vert a regagné une partie du terrain perdu, après les annonces accommodantes de la BCE, qui ont pesé cette fois sur l'euro.

La devise européenne cotait jeudi soir 1,1794$, en recul de 0,26%, dans les échanges interbancaires aux Etats-Unis.

Dans un premier temps, la décision de la Fed, mercredi, de relever ses taux et de confirmer sa prévision de trois nouveaux tours de vis en 2018, a soutenu l'euro face au billet vert. Certains experts s'attendaient en effet à ce que la Fed accélère son cycle de resserrement monétaire (avec 4 hausses des taux en 2018), mais cela n'a pas été le cas, faute d'accélération prévue de l'inflation. Ainsi, la banque centrale américaine a maintenu ses projections concernant l'inflation, qui devrait retrouver progressivement un rythme de 2% par an.

L'inflation devrait remonter à 2% aux Etats-Unis en 2019

La paire euro/dollar a cependant changé de cap ce jeudi, après la réunion de la BCE et le discours de son président Mario Draghi. Ce dernier n'a pas modifié d'un iota le discours accommodant qu'il tenait déjà lors des précédentes réunions, alors que les marchés espéraient obtenir des informations sur la date de la fin des rachats d'actifs par la banque centrale européenne.

Or, la BCE n'a rien changé à son analyse précédente, même si elle a revu à la hausse la croissance économique dans la zone euro. L'institution a maintenu comme prévu ses taux directeurs à leur niveau actuel, et a confirmé son biais monétaire accommodant, précisant que ses achats d'actifs continueront "au moins" jusqu'en septembre 2018. La BCE a aussi confirmé que le montant de ses achats serait divisé par deux, passant de 60 milliards d'euros à 30 milliards d'euros par mois à partir de janvier.

A 24 heures d'intervalle, la Fed comme la BCE ont revu à la hausse leurs prévisions de croissance économique. La Fed s'attend ainsi à une hausse du PIB des Etats-Unis de 2,5% en 2017 (contre 2,4% précédemment), à 2,5% en 2018 (contre 2,1%), à 2,1% en 2019 (contre 2%) et à 2% en 2020 (contre 1,8%). En revanche, les prévisions d'inflation sont demeurées inchangées, avec un taux de 1,5% en 2017, de 1,9% en 2018, de 2% en 2019 et de 2% en 2020.

Dans la zone euro, la hausse des prix serait toujours sous 2% en 2020...

Quant à la BCE, elle anticipe désormais une hausse du PIB dans la zone euro de 2,4% en 2017 (contre 2,2% précédemment), de 2,3% en 2018 (contre 1,8%) et de 1,9% en 2019 (contre 1,7%). Les prévisions d'inflation ont également été revues en hausse, mais l'objectif de la BCE (une hausse des prix proche de 2%) reste lointain... L'indice des prix harmonisé (IPCH) dans la zone euro est ainsi attendu à 1,5% cette année, puis à 1,4% en 2018, 1,5% en 2019 et à 1,7% en 2020.

Dans ces conditions, Mario Draghi s'est dit "plus confiant aujourd'hui qu'il y a deux mois " concernant l'évolution économique, mais il a répété la formule prudente déjà employée lors de la précédente réunion. "Si les perspectives deviennent moins favorables, ou si les conditions financières deviennent incompatibles avec de nouveaux progrès vers un ajustement durable de la trajectoire d'inflation, nous sommes prêts à augmenter notre programme d'achats d'actifs en termes de taille et/ou de durée", a ainsi prévenu le patron de la BCE.

 
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