Devises : l'euro grimpe après l'accord sur l'immigration

Devises : l'euro grimpe après l'accord sur l'immigration
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Boursier.com, publié le vendredi 29 juin 2018 à 20h51

Le marché des changes a salué avec soulagement, vendredi, l'accord conclu au sommet européen de Bruxelles pour mieux contrôler l'immigration. La devise européenne a terminé la semaine en hausse de près de 1% à 1,1679$.

Sur l'ensemble de la semaine, l'euro s'affiche stable, après être tombé jusqu'à 1,1540$, jeudi, dans la crainte que le sommet ne s'achève sur un échec et ne consacre des divisions ouvertes entre Etats-membres sur la question migratoire. Ce scénario redouté par les investisseurs aurait pu faire chuter le gouvernement allemand et fragiliser durablement la monnaie unique européenne.

L'inflation accélère en Europe et aux Etats-Unis

L'euro a également profité de l'annonce d'une accélération de l'inflation dans la zone euro, qui a atteint 2% sur un an en juin, après +1,9% en mai, sous l'effet du rebond des cours du pétrole. Le baril de Brent de la Mer du nord a ainsi grimpé de 5,4% depuis le le 29 mai, finissant vendredi près du seuil psychologique des 80$, à 79,47$.

L'inflation en zone euro n'avait pas atteint depuis février 2017 le seuil des 2%, qui constitue l'objectif de la BCE. Toutefois, hors énergie, alimentation, tabac et alcool, la hausse des prix reste encore modeste, à 1% en juin sur un an, après +1,1% en mai, selon l'agence européenne Eurostat.

A noter qu'aux Etats-Unis également, l'inflation a accéléré. Elle a atteint en mai l'objectif de la Réserve fédérale : l'indice "core PCE', l'indicateur préféré de la Fed, s'est inscrit à 2% en glissement annuel, après +1,8% en avril. C'est la première fois depuis 6 ans que le "core PCE" atteint ce seuil considéré par la Fed comme son objectif de moyen terme.

Si la tendance à la hausse des prix se confirme, la Fed comme la BCE auront davantage de marge de manoeuvre pour continuer à resserrer leurs politiques monétaires respectives, à condition que la croissance économique ne ralentisse pas fortement sous l'effet des querelles commerciales initiées par les Etats-Unis de Donald Trump.

Le risque d'une crise politique en Allemagne s'éloigne

En Europe, sur le front de l'immigration, les 28 se sont mis d'accord, dans la nuit de jeudi à vendredi, sur un texte de compromis, notamment sous la pression de l'Italie, qui exigeait davantage de solidarité de la part de ses partenaires dans la gestion de la crise des migrants.

Cet accord (qui prévoit de renforcer les frontières extérieures et de créer des centres de contrôle des migrants à l'intérieur et à l'extérieur de l'UE) soulage la pression qui pesait sur la chancelière allemande Angela Merkel. Celle-ci fait face à une crise politique majeure dans son pays, ses alliés du CSU ayant menacé de faire éclater la coalition au pouvoir si une solution européenne n'était pas trouvée.

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