Devises : l'euro recule après les propos prudents de Draghi

Devises : l'euro recule après les propos prudents de Draghi
Mario Draghi gouverneur BCE

Boursier.com, publié le jeudi 08 mars 2018 à 19h08

La BCE a fait faire du yo-yo à l'euro, jeudi, qui a fini en nette baisse après avoir initialement réagi positivement au communiqué de politique monétaire publié par la banque centrale européenne à 13H45.

En début de soirée, la devise européenne abandonnait 0,77% à 1,2315$ après avoir initialement grimpé jusqu'à 1,2445$ (+0,3%) après le communiqué de la BCE, qui a légèrement infléchi son discours, faisant un petit pas vers la normalisation de sa politique monétaire.

Sur le marché obligataire, le rendement du Bund allemand à 10 ans, référence dans la zone euro, a d'abord augmenté de 5 points de base à 0,70%, avant de refluer à 0,63% jeudi soir (-3 pdb par rapport à la veille), face au ton plus neutre de Mario Draghi, le président de la BCE, lors de sa conférence de presse.

La BCE exclut désormais d'augmenter ses achats d'actifs

Comme prévu, la BCE n'a pas modifié ses taux, ni le contenu de son programme d'achat d'actifs. Cependant, l'institution a retiré de son communiqué une phrase qui prévoyait, si nécessaire, la possibilité d'augmenter à nouveau le montant des rachats d'actifs mensuels (qui ont été réduits de 60 MdsE à 30 MdsE depuis le 1er janvier).

Dans un premier temps, cette modification a été interprétée comme un signe que la BCE est bien en chemin vers un resserrement monétaire progressif. La BCE a toutefois conservé la formule selon laquelle les rachats nets d'actifs devraient se poursuivre jusque fin septembre 2018, "ou au-delà, si nécessaire", alors que des voix s'élèvent pour annoncer clairement une date pour la fin de ce programme.

L'inflation sous-jacente reste "atone"...

Lors de sa conférence de presse, Mario Draghi s'est montré prudent, ne confirmant pas le léger biais plus "faucon" perçu dans le communiqué, et soulignant notamment la faiblesse persistante de l'inflation dans la zone euro. Ainsi, la BCE a revu jeudi en hausse ses prévisions de croissance du PIB de la zone euro pour 2018, à 2,4% (contre 2,3% précédemment), mais le banquier central a souligné concernant l'inflation, que "nous avons un mandat en termes de stabilité des prix. On ne peut pas encore crier victoire". La BCE prévoit ainsi une hausse de 1,4% des prix cette année et l'an prochain, puis de 1,7% en 2020, a précisé Mario Draghi, alors que la BCE vise un objectif proche de 2%...

"Un degré important de stimulation monétaire reste nécessaire pour que les pressions inflationnistes sous-jacentes continuent à se renforcer. Les mesures d'inflation sous-jacente restent en effet atones dans l'ensemble", a souligné le patron de l'institution.

Des risques liés à la montée du protectionnisme

Quelques heures avant les annonces de Donald Trump concernant la création de barrières douanières sur les importations d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis, le patron de la BCE a en outre évoqué les inquiétudes suscitées par des "décisions unilatérales" prises à Washington... Il a souligné que la "montée du protectionnisme" représentait un risque pour l'économie mondiale.

Tout en jugeant que les conséquences directes de l'imposition de tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium seraient limitées, Mario Draghi a estimé qu'une initiative unilatérale des Etats-Unis accentuerait les inquiétudes sur l'évolution des relations internationales. "Si vous imposez des droits de douanes à (ceux) qui sont vos alliés, l'on peut se demander qui sont vos ennemis", a déclaré le patron de la BCE...

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1 commentaire - Devises : l'euro recule après les propos prudents de Draghi
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    MOUMOU11 -

    la prudence masque parfois l'incapacité.