Devises : l'euro remonte au-dessus de 1,25$

Devises : l'euro remonte au-dessus de 1,25$
Dollar Devise Billet

Boursier.com, publié le jeudi 15 février 2018 à 21h22

Le rebond observé depuis une semaine sur les marchés d'actions s'est accompagné d'une reprise du mouvement baissier du dollar. L'euro en a profité pour remonterà ses plus hauts niveaux depuis plus de 3 ans, à plus de 1,25$.

Jeudi soir, l'euro cotait 1,2507$, en hausse de 0,42% par rapport à la veille dans les échanges interbancaires à New York, après avoir atteint 1,2510$ au plus haut de la séance. Le cours de la monnaie unique européenne évolue ainsi autour de ses plus hauts niveaux depuis plus de 3 ans, en octobre 2014. Il avait déjà franchi brièvement le seuil de 1,25$ fin janvier et début février profitant d'anticipations d'une évolution de la politique monétaire de la BCE vers des mesures moins accommodantes, ainsi que de déclarations américaines favorable à un dollar faible.

Depuis l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche, le dollar a cédé environ 10% face un panier de devises de référence, sur fond de discours protectionnistes et de critiques de l'administration Trump d'un "dollar trop fort", du moins à court terme...

L'euro valait ainsi autour de 1,11$ avant l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche en novembre 2016, un événement qui a coïncidé avec une période d'affaiblissement du billet vert, et ce malgré une remontée progressive des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine, qui sont passés de 0,25%-0,50% avant l'élection de Trump à 1,25%-1,50% actuellement, après 4 hausses d'un quart de point de la part de la banque centrale américaine. Cette dernière devrait poursuivre son cycle haussier cette année, compte-tenu d'une accélération de la croissance de l'inflation outre-Atlantique. Au moins trois nouveaux tours de vis sont anticipés par les marchés, voire davantage si l'inflation accélérait dans les prochain mois...

La BCE soupçonne Washington d'influencer sa devise à des fins commerciales

Le 25 janvier dernier, le président de la BCE Mario Draghi s'était inquiété de la "source d'incertitudes" née de la baisse du dollar, alors que la veille, le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin avait affirmé lors du forum de Davos qu'un "dollar plus faible" était "bon" pour les Etats-Unis puisqu'il favorisait "le commerce et les opportunités". Même si Donald Trump s'était empressé de contredire son ministre en affirmant souhaiter un "dollar fort", les déclarations contradictoires de Washington commencent à agacer leurs partenaires économique, à commencer par l'Europe.

Ces derniers jours, Ewald Nowotny, président de la Banque nationale d'Autriche et membre du Conseil de la BCE, a ainsi ouvertement accusé les Etats-Unis d'influencer leur monnaie à des fins compétitives, en violation de leurs engagements internationaux vis-à-vis du FMI et du G20.

"A la BCE on est assurément préoccupés par les tentatives des Etats-Unis d'exercer une influence politique sur le taux de change", a-t-il ainsi dit à la télévision autrichienne 'ORF'. "Cela a été un thème de débats économiques à Davos (...) et ce sera encore certainement le cas au prochain sommet du G20" Finances, qui se tiendra les 19 et 20 mars en Argentine, a ajouté M. Nowotny.

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