Devises : l'euro retombe au plus bas depuis trois mois

Devises : l'euro retombe au plus bas depuis trois mois©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 11 février 2019 à 19h48

L'euro a commencé la semaine en berne, tombant sous le seuil de 1,13$, alors que les marchés anticipent la poursuite d'une politique ultra-accommodante de la BCE dans un environnement économique de plus en plus défavorable dans la zone euro.

Lundi soir, la devise européenne commune cotait 1,1270$ en baisse de 0,51% par rapport à vendredi soir sur le marché interbancaire aux Etats-Unis. Depuis le début de l'année, l'euro a reculé de 1,7% face au billet vert, et il est revenu ce lundi à son plus bas niveau depuis trois mois.

Toujours en Europe, la livre sterling a rechuté lundi de 0,7% à 1,2854$, alors que le risque de "hard Brexit" s'accroît de jour en jour, après le refus de l'Union européenne de renégocier l'accord conclu fin 2018 avec la Première ministre britannique Theresa May.

Espoirs d'accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine

De son côté, le dollar progressait face à l'euro, mais aussi à un panier de devises de référence. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises (euro, yen, franc suisse, livre sterling, dollar canadien et couronne suédoise) gagnait 0,48% à 97,10 points. Il s'agit de la huitième séance consécutive de hausse de cet indice.

Le billet vert a profité lundi de spéculations sur un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, au moment où une délégation américaine est attendue cette semaine à Pékin pour un nouveau "round" de pourparlers. Le représentant au commerce américain Robert Lighthizer dirigera les négociations, accompagné du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Le dollar bénéficie aussi d'un effet de valeur-refuge dans un environnement boursier incertain et alors que le différentiel de taux d'intérêts profite largement aux placements en dollars. Le rendement du T-Bond américain à 10 ans s'établissait ainsi à 2,66% lundi (+ 3 points de base), tandis que le rendement du Bund allemand à 10 ans, référence de la zone euro, n'était plus que de 0,12% (+3 pdb), soit un "spread" de 2,54 points de pourcentage au profit du dollar.

En matière de politique monétaire, la Fed et son président Jerome Powell se sont montrés récemment prêts à faire une pause dans le cycle haussier, tout en s'affichant toujours optimistes sur la santé économique des Etats-Unis.

Le ralentissement de l'économie européenne, nouveau défi pour la BCE

En Europe, la BCE comme la Commission européenne ont revu en baisse, ces dernières semaines, leurs prévisions de croissance économique pour 2019 et 2020. A l'issue de la dernière réunion de la BCE, le 24 janvier, son président Mario Draghi a reconnu que les données économiques "continuent à être plus faibles que prévu" en zone euro.

Il a ajouté que la BCE disposait encore d'outils pour agir si nécessaire.En cas de besoin, a assuré le banquier central, "la BCE n'est pas à court d'instruments". "Nous disposons encore de toute notre boîte à outils", a-t-il insisté, avant d'évoquer "le programme de rachats d'actifs" auquel l'institut monétaire vient de mettre fin, ainsi que les prêts géants que la BCE peut de nouveau accorder aux banques sous la forme d'opérations de refinancement ciblées à long terme (TLTRO).

Alors que les marchés anticipaient un début de remontée des taux d'intérêts de la BCE à partir de la mi-2019 (date évoqué par la banque centrale l'an dernier), ils ont commencé à reporter ces attentes face aux signaux de ralentissement conjoncturel en Europe et face à la forte correction boursière de la fin 2018. Les traders n'anticipent désormais pas de hausse de taux avant début 2020, et n'excluent pas un nouveau programme de TLTRO en cas d'aggravation de la conjoncture.

La succession de Mario Draghi en ligne de mire

En outre, les marchés ne s'attendent pas à ce que la BCE prenne des initiatives fortes à l'approche de la fin du mandat de Mario Draghi, fin octobre prochain. Son successeur sera nommé après les élections européennes de la fin mai.

Parmi les noms des personnalités données comme favorites pour prendre la présidence de la BCE figurent ceux de François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, et de Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, dont les opinions en matière de politique monétaire sont très différentes.

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