Devises : l'euro s'affaiblit à l'approche de la réunion de la BCE

Devises : l'euro s'affaiblit à l'approche de la réunion de la BCE©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 23 avril 2018 à 21h05

L'euro a nettement reculé lundi face au dollar, sous l'effet conjugué de plusieurs facteurs, dont l'apaisement des tensions géopolitiques en Corée du Nord, et un renforcement du dollar face à la plupart des devises mondiales de référence (yen, franc suisse, livre...). Les cambistes restent en outre prudents avant la réunion de la BCE de jeudi, qui pourrait déboucher sur un discours plutôt modéré, au moment où l'économie européenne semble traverser une zone de ralentissement.

Lundi soir, l'euro valait 1,2211$, en baisse de 0,83% par rapport à vendredi, revenant au plus bas depuis plus de 7 semaines, le 1er mars dernier. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises (euro, yen, dollar canadien, livre, franc suisse et couronne suédoise) gagnait de son côté 0,64% à 90,90, remontant à son plus haut niveau depuis la fin janvier.

Tension sur les taux d'intérêts des deux côté de l'Atlantique

Le dollar a fortement progressé depuis quelques séances, profitant d'anticipations de hausses de taux bien plus rapides aux Etats-Unis qu'en Europe, où cette perspective semble s'éloigner à la mi-2019 au plus tôt. Dans son dernier Livre Beige, la Fed a dépeint la semaine dernière une économie américaine en bonne santé, laissant entendre que la banque centrale pourrait encore procéder à deux, voire à trois, hausses de ses taux directeurs cette année, après un premier geste d'un quart de point lors de sa réunion de mars.

Les taux américains à 10 ans ont bondi ces derniers jours, pour frôler lundi les 3%, à 2,9939$ au plus haut de la séance, notamment sous l'effet d'une forte hausse des cours des matières premières (pétrole, aluminium, nickel...) qui pourraient faire accélérer l'inflation dans les prochains mois. En Europe, le taux du Bund, l'emprunt d'Etat allemand à 10 ans, a lui aussi bondi, gagnant 13 points de base en 4 séances, pour remonter lundi à 0,63%, au plus haut depuis le 12 mars. Malgré ces ajustements, les placements en dollars restent bien mieux rémunérés, à près de 3%, que ceux en euros, à moins de 1% sur 10 ans...

La dynamique de croissance plus forte aux Etats-Unis qu'en Europe ?

Lundi, les indicateurs macro-économiques aux Etats-Unis ont encore illustré la solidité de la croissance avec un indice flash PMI composite au-dessus des attentes en avril et des reventes de logements existants meilleures que prévu.

En revanche, dans la zone euro, les statistiques signalent un ralentissement, en particulier en Allemagne, la première économie de la région, où le moral des investisseurs a nettement reculé depuis deux mois. En outre, l'indice Ifo mesurant le climat des affaires outre-Rhin (dont la lecture pour avril est très attendue, ce mardi) a reculé depuis deux mois, plombé notamment par les menaces de barrières douanière brandies par Donald Trump.

Lundi, la publication de l'indice PMI flash composite de la zone euro a montré qu'il était resté stable en avril à 55,2. En revanche, le PMI manufacturier a reculé à 56 points, contre 56,6 en mars, au plus bas depuis 14 mois. Les entreprises manufacturières pâtissent notamment de la poursuite de l'appréciation de l'euro, qui a gagné 12% depuis un an, dont 2% environ depuis le début 2018.

Légère baisse des tensions sur le front géopolitique et commercial

Le dollar a aussi profité lundi de la baisse des tensions géopolitiques, qui avaient suscité ces derniers temps des replis sur les valeurs refuges, dont le yen et l'euro. Les annonces faites samedi par la Corée du Nord (suspension des essais nucléaires et des tests de missiles intercontinentaux, fermeture du site d'essais nucléaires), ont ainsi été saluées par la communauté internationale.

Par ailleurs, la querelle commerciale entre les Etats-Unis et la Chine pourrait elle aussi s'apaiser. Le secrétaire au Trésor américain Mnuchin a déclaré qu'il était engagé dans un "dialogue" avec le gouvernement chinois, ajoutant qu'il était "prudemment optimiste" quant à la conclusion d'un accord visant à éviter les tarifs douaniers.

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