Devises : l'euro succombe aux craintes venues d'Italie

Devises : l'euro succombe aux craintes venues d'Italie©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 23 mai 2018 à 20h24

L'annonce, mercredi, de la nomination officielle de Giuseppe Conte comme chef du nouveau gouvernement italien a déprimé les marchés financiers, qui s'inquiètent du programme populiste du futur gouvernement d'union formé par les deux partis antisystème M5S et La Ligue.

L'euro a abandonné jusqu'à 0,86% en séance à 1,1678$, revenant à son plus bas niveau depuis plus de 6 mois, après l'intronisation par le président italien Sergio Mattarella de Giuseppe Conte, un juriste inconnu du grand public et novice en politique. La devise européenne a un peu réduit ses pertes en fin de journée, pour s'inscrire autour de 1,1707$ (-0,6%).

Les Bourses européennes ont elle aussi reculé mercredi, l'indice EuroStoxx 50 cédant 1,27%, tandis que l'indice italien MIB a perdu 1,3%.

Tension sur les taux italiens, craintes de dérapage de la dette

Les taux des emprunts d'Etat italiens se sont nettement tendus : le rendement de l'obligation à 10 ans a grimpé de 7 points de base (centièmes de point) à 2,39%. A l'inverse, les obligations allemandes ont été recherchées comme valeurs-refuge, ce qui a fait reculer le taux du Bund à 10 ans à 0,51% (-5 pdb).

L'inquiétude pointait aussi à Bruxelles, où le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a appelé mercredi l'Italie à apporter "une réponse crédible" sur sa dette publique. Celle-ci a atteint fin 2017 131,8% du PIB italien, la deuxième plus élevée de la zone euro après la Grèce. "La dette italienne est une question importante pour l'avenir de l'Italie. Cela nécessite une réponse crédible et comme amoureux de l'Italie et amis des Italiens, nous devons y être attentifs", a déclaré Pierre Moscovici, lors d'une conférence de presse.

Le programme commun négocié par le M5S et la Ligue promet en effet de tourner le dos à l'austérité et de combler les déficits avec un politique de croissance. Il prévoit des baisses drastiques d'impôts, l'instauration d'un revenu de citoyenneté, l'abaissement de l'âge de la retraite, mais aussi une fermeté inédite contre la corruption ou encore un tour de vis sécuritaire, anti-immigrés et anti-islam.

Le dollar en hausse, malgré des Minute de la Fed prudentes

La chute de l'euro a favorisé le dollar qui a repris le chemin de la hausse face à un panier de devises. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à six devises de référence (euro, yen, franc suisse, livre sterling, dollar canadien et couronne suédoise) progressait mercredi soir de 0,5% à 94,10 points.

La publication des Minutes de la Fed, à 20h00, a toutefois un peu réduit l'avance du billet vert, qui gagnait plus de 0,6% avant ce rapport. Le compte-rendu de la réunion de mai de la Fed (au cours de laquelle les taux avaient été maintenus à leur niveau) n'a pas montré d'impatience de la part de la banque centrale à accélérer ses hausses des taux directeurs. La Fed a toutefois laissé entendre qu'un tour de vis interviendrait lors de sa réunion de juin, une perspective qui a déjà été largement anticipée par les marchés financiers.

La livre sterling recule face à une inflation plus faible que prévu en avril

Outre l'euro, le billet vert a aussi nettement progressé mercredi face à la livre sterling, qui a abandonné 0,8% à 1,3321$. L'annonce d'une hausse des prix à la consommation inférieure aux attentes en avril au Royaume-Uni a fortement réduit les anticipations de hausses des taux directeurs de la Banque d'Angleterre.

L'inflation a ainsi ralenti outre-Manche de 0,1 point le mois dernier à 2,2% sur un an, contre 2,3% en mars. Cette statistique a aussi fait chuter le rendement des emprunts d'Etat britanniques : celui du Gilt a 10 ans est ainsi revenu à 1,44%, en recul de 8 points de base par rapport à la veille.

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