Devises : la crise italienne continue de peser sur l'euro

Devises : la crise italienne continue de peser sur l'euro©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 28 mai 2018 à 22h27

La crise politique en Italie s'est aggravée ce week-end après que Giuseppe Conte a renoncé dimanche à être Premier ministre. Il a jeté l'éponge après que le président italien Sergio Mattarella a refusé de nommer un ministre de l'Economie eurosceptique.

Pour sortir de l'impasse, M. Mattarella a chargé lundi un économiste pro-européen, Carlo Cottarelli, de former un gouvernement technique afin de gérer le pays, en attendant de nouvelles élections. Ce geste fort de soutien du président italien aux règles de l'Union européenne n'a pas empêché l'euro de continuer de s'effriter.

La devise européenne a pourtant commencé la séance en hausse, remontant jusqu'à 1,1733$ (+0,7%), avant de retomber en soirée à 1,1627$ (-0,2%), au plus bas depuis début novembre 2017. Les volumes d'échanges étaient toutefois limités, en raison de la fermeture des marchés britannique et américain pour des jours fériés.

Le rendement des emprunts d'Etat italiens à 10 ans a flambé de 22 points de base (centièmes de point) pour monter à 2,66%, tandis qu'à la Bourse de Milan, l'indice MIB a chuté de 2,08%. De son côté, l'indice boursier européen EuroStoxx 50 a reculé de 0,93%.

De nouvelles élections sans doute à l'automne 2018

Les investisseurs s'inquiètent de la perspective de nouvelles élections législatives en Italie, après celles du 4 mars dernier, qui ont débouché sur une poussée populiste sans précédent, et un parlement sans majorité, dont les premiers partis sont devenus le mouvement anti-système M5S et La Ligue (extrême-droite).

Le futur gouvernement Cottarelli sera donc confronté à l'opposition virulente du M5S et de la Ligue. Les parlementaires italiens ont d'ores et déjà déclaré en majorité qu'ils ne voteraient pas la confiance à tel gouvernement. Sans soutien du Parlement, le gouvernement n'aura d'autre choix que de gérer les affaires courantes, en attendant les nouvelles élections.

Carlo Cottarelli a indiqué lundi que ces élections anticipées se dérouleraient au plus tard "début 2019", mais sans doute à l'automne. "Je me présenterai au Parlement avec un programme qui, si j'obtiens la confiance, inclura le vote du budget 2019. Ensuite, le Parlement sera dissous, avec des élections début 2019". Mais sans la confiance, les élections se dérouleront "après le mois d'août", a-t-il dit à la presse à l'issue de son entretien avec M. Mattarella.

Carlo Cottarelli promet une approche pro-européenne, La ligue menace...

M. Cottarelli, ancien responsable du Fonds monétaire international (FMI), a assuré que la situation des comptes publics était actuellement "sous contrôle" et en a promis "une gestion vigoureuse". L'approche de son gouvernement sera résolument européenne, a-t-il également expliqué.

De leur côté, M5S et La Ligue ont exprimé leur colère du rejet de leur gouvernement de coalition par le président Mattarella. Le leader de La Ligue, Matteo Salvini, a déclaré que "ce n'est pas une démocratie, le vote populaire n'est pas respecté". Il a prédit que "les prochaines élections seront un plébiscite - la population et la 'vraie vie' contre les vieilles castes politiques et les grands serviteurs du spread".

En attendant, ce "spread" (écart) entre le rendement des dettes italienne et allemande à 10 ans a bondi lundi à 2,32 point (2,66% pour l'italien et 0,34% seulement pour le Bund allemand), témoignant de la défiance croissante des marchés envers la dette italienne. Début mai, ce "spread" n'était que de 1,23 point.

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