Devises : le dollar flanche après la Fed, l'euro et la livre grimpent

Devises : le dollar flanche après la Fed, l'euro et la livre grimpent
Fed siège de la Réserve fédérale américaine - Washington

Boursier.com, publié le mercredi 30 janvier 2019 à 21h10

Le dollar s'est orienté en nette baisse, mercredi, après les annonces de la Réserve fédérale américaine, qui a maintenu ses taux directeurs, et a émis un message plutôt "colombe" envers les marchés financiers.

L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises de référence (euro, yen, franc suisse, livre sterling, dollar canadien et couronne suédoise) reculait de 0,44% à 95,40 points, après le communiqué de la Fed affirmant qu'elle serait désormais "patiente" en matière monétaire.

Sur les marchés obligataires américains, les taux des obligations d'Etat se sont légèrement détendus (-1 point de base à 2,70% pour le T-Bond à 10 ans), tandis que les marchés boursiers ont salué la pause dans la hausse des taux par une vive hausse, de l'ordre de 2%, du Dow Jones et du Nasdaq composite.

Les marchés tablent sur un report du Brexit

La faiblesse du dollar a fait grimper l'euro, qui approche désormais le seuil de 1,15$ (+0,51% à 1,1488$), au plus haut depuis le 11 janvier, il y plus de 7 semaines. La livre sterling progressait de 0,4% à 1,3119$, malgré le refus catégorique de l'Union européenne de renégocier l'accord sur le Brexit.

Les marchés font toutefois le pari d'un report de la date-butoir du 29 mars pour le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE. Les analystes des grandes banques estiment que Londres et Bruxelles ne prendront pas le risque d'un Brexit "dur", même si celui-ci a augmenté depuis le vote du parlement britannique, mardi soir, réclamant une renégociation.

La Fed retire la phrase évoquant des "hausses graduelles" de taux

Mercredi, le comité de politique monétaire de la Fed, a donc laissé ses taux directeurs inchangés (entre 2,25% et 2,5%), ce qui était très largement attendu. Mais dans son communiqué, la banque centrale s'est montrée plus "colombe" que prévu, affirmant qu'elle sera "patiente" en matière de politique monétaire et a retirant toute mention à de nouvelles hausses de taux.

Elle a ainsi abandonné la phrase sur les "hausse graduelles", qui figurait dans ses précédents communiqués. A l'issue de la réunion des 17 et 18 décembre, la Fed écrivait encore que "de nouvelles hausses graduelles" du taux des "fed funds" étaient "compatibles avec l'expansion continue de l'activité économique aux Etats-Unis"...

La Fed n'a pas pour autant émis mercredi de diagnostic pessimiste pour la croissance américaine. "Le marché de l'emploi a continué de se renforcer et l'activité économique a progressé à un rythme solide". L'inflation "reste proche" de l'objectif de 2% de la Fed, tandis que les dépenses des ménages ont "continué de croître fortement"... Le seul bémol est signalé du côté des investissements des entreprises, dont la croissance "a ralenti par rapport à son rythme rapide du début de l'année dernière", signale la banque centrale américaine.

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