Devises : le dollar maintient ses gains en attendant la Fed

Devises : le dollar maintient ses gains en attendant la Fed
Dollar Devise Billet

Boursier.com, publié le lundi 17 juin 2019 à 23h23

Les devises et les taux ont fait du surplace lundi, avant la décision de la Fed attendue mercredi soir... Les marchés espèrent une baisse de taux au plus tard en juillet. De son côté, la BCE réfléchit également aux moyens de soutenir l'économie de la zone euro.

A l'approche de la réunion de politique monétaire de la Fed, mardi et mercredi, les marchés spéculent toujours davantage sur des baisses de taux, sur fond de ralentissement économique mondial et de guerre commerciale. Dans ce contexte tendu, la volatilité sur la paire euro/dollar s'est réduite ces derniers temps, en attendant de savoir comment la banque centrale américaine va réagir à la montée des risques.

Lundi soir, l'euro a fini en légère hausse de 0,1% à 1,1218$, mais évoluait tout de même près de ses plus bas niveaux depuis mai 2017. La monnaie unique, qui avait dépassé 1,24$ en janvier 2018, a chuté depuis de 9,5%.

Le dollar proche des plus hauts depuis deux ans !

Quant à l'indice du dollar, qui mesure son évolution par rapport à un panier de 6 devises de référence (euro, livre sterling, yen, franc suisse, couronne suédoise et dollar canadien), il était presque stable lundi soir à 97,55 points (-0,02%), non loin de ses plus hauts de l'année vers 98,17, atteint fin mai, juste avant l'escalade de la guerre commerciale qui a déclenché les spéculations de baisses des taux de la Fed.

Dans cette zone, le billet vert reste proche de ses plus haut niveaux depuis mai 2017, profitant d'un statut de valeur-refuge. Malgré le récent plongeon des rendements obligataires, les placement en dollars restent en effet bien plus rémunérateurs que ceux en euro.

Ainsi, sur les marchés obligataires, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans s'inscrivait lundi soir à 2,08%, son plus bas niveau depuis octobre 2016. Mais en Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans était à -0,24%, après un plus bas de -0,27% la semaine dernier, son plus bas historique... Quant à l'OAT française à 10 ans, elle rapportait lundi soir 0,10%.

Pas de geste de la Fed dès mercredi, mais une baisse en juillet ?

Récemment, le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, a pour la première fois ouvert la voie à une baisse de taux (après un cycle haussier de trois ans), en affirmant que la Fed prendrait les mesures "appropriées" en cas de net ralentissement conjoncturel.

Pour ce mercredi, les investisseurs tablent néanmoins en majorité sur un statu quo sur le taux des "fed funds" (actuellement fixé entre 2,25% et 2,50%). Selon l'outil FedWatch du CME Group, basé sur les contrats à terme sur les "fed funds", les marchés anticipent ce statu quo avec une probabilité de 80,8%.

Les attentes sont en revanche très fortes pour un geste baissier à l'issue de la réunion suivante des 30 et 31 juillet, avec une probabilité de 87,7%. Les traders voient 71,4% de chances pour une baisse d'un quart de point à 2,00%-2,25% et de 16,2% pour un recul d'un demi-point pour revenir à 1,75%-2%, selon cet outil.

La BCE affûte ses armes et envisage une baisse des taux "modulable"

En Europe, la prochaine réunion de politique monétaire de la BCE se déroulera le 25 juillet prochain. Benoit Coeuré, membre du directoire, a levé le voile lundi sur la boîte à outil de la banque centrale européenne en cas de dégradation de la conjoncture. Il a estimé que l'économie de la zone euro restait en croissance, notamment dans les services et le BTP, mais il a admis que les signaux des marchés financiers n'en sont pas moins "assez alarmants".

En cas de dégradation, la BCE dispose de plusieurs possibilités, comme modifier sa communication avancée, réduire les taux ou relancer le programme d'assouplissement quantitatif (QE) mais la véritable question qui se pose est quelle est la plus adaptée, a ajouté M. Coeuré dans un entretien publié par le 'Financial Times'. Il a cependant précisé que si la BCE baissait ses taux, elle devait avoir à l'esprit les effets de taux négatifs sur les banques et se demander s'il y avait lieu de moduler ces taux.

Vers une révision de l'objectif d'inflation de la BCE ?

"Il nous faudrait voir si un système de modulation s'impose", dit-il. "Pour l'heure, l'opinion dominante du Conseil des gouverneurs est que ce n'est pas le cas mais nous convenons aussi que cela mérite plus ample réflexion".

Questionné sur la nécessité de réviser l'objectif de la BCE d'une inflation "proche mais inférieure à 2%", le responsable a ce dernier a répondu : "Nous avons des problèmes plus urgents mais néanmoins je crois bien que nous le ferons néanmoins à un moment donné".

De son côté, Ewald Nowotny, un autre membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a estimé dimanche que la banque pourrait définir un objectif d'inflation plus souple, au vu de la difficulté qu'il y a à stimuler les prix dans la zone euro...

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