Devises : le dollar reprend du terrain, les taux US se tendent

Devises : le dollar reprend du terrain, les taux US se tendent©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 20 avril 2018 à 20h40

Le dollar a profité cette semaine d'un retour de la tension sur les marchés obligataires américains, où les taux d'intérêts ont augmenté dans un contexte d'anticipations inflationnistes plus haussières outre-Atlantique.

L'indice du billet vert, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises (euro, yen, dollar canadien, livre, franc suisse et couronne suédoise) a gagné vendredi 0,40% à 90,29, et affiche un gain de 1,1% depuis mardi, où il avait atteint un plus bas en séance à 89,25.

De son coté, l'euro a été pénalisé cette semaine par des indicateurs montrant des signes précurseurs d'un passage à vide, sans doute temporaire, dans la croissance économique allemande. La devise européenne a reculé vendredi de 0,5% à 1,2285$.

Le rebond du dollar est notamment lié à un regain de tension sur les taux d'intérêts cette semaine aux Etats-Unis, ce qui a rendu plus attractifs les investissements réalisés en dollars. Le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans est ainsi remonté à 2,94% vendredi (contre 2,83% une semaine plus tôt), frôlant son plus haut annuel (2,95%) et son plus haut depuis début 2014, où il avait atteint brièvement le seuil de 3%. Le taux des T-Bonds à 2 ans s'est hissé à 2,45% vendredi (contre 2,36% une semaine plus tôt).

La flambée des matières premières pourrait faire accélérer l'inflation

Cette poussée des taux d'intérêts a été provoquée par une hausse des anticipations d'inflation, elle-même liée à une flambée des cours des matières premières, à commencer par le pétrole. Le cours du baril de brut léger américain WTI approche désormais les 70$, au plus haut depuis la fin 2014, alors qu'il était tombé sous les 30$ début 2016 !

Les prix de nombreux métaux ont également flambé récemment, notamment ceux de l'aluminium et du nickel, en réaction aux nouvelles sanctions américaines contre des entreprises russes, entrées en vigueur le 1er avril.

La Réserve fédérale américaine a apporté de l'eau à ce moulin dans son dernier Livre Beige, publié mercredi. La banque centrale a décrit une croissance toujours "modeste à modérée" aux Etats-Unis, et a notamment souligné que les prix des produits sidérurgiques avaient augmenté aux Etats-Unis depuis les annonces de taxes d'importation par Donald Trump.

Sur le front pétrolier, l'Opep et ses alliés, dont la Russie, se sont réunis vendredi à Djeddah en Arabie Saoudite pour faire le point sur les mesures de réduction de leur production, mises en place depuis début 2017. Si des progrès ont été accomplis pour rééquilibrer le marché mondial et éponger les stocks excédentaires qui le caractérisent, l'Opep et ses alliés ont jugé qu'il restait encore du chemin à parcourir. Ils ont signalé leur volonté de poursuivre leurs efforts cette année, voire au-delà, afin de soutenir les cours. Des sources de presse affirment que l'Arabie saoudite souhaiterait désormais voir les cours monter entre 80$ et 100$...

Le président américain Donald Trump a vivement réagi vendredi, en tweetant que, selon lui, les cours du brut sont "artificiellement Très Elevés ! Ce n'est pas bon et nous ne l'accepterons pas!", a-t-il martelé. Malgré une réaction baissière initiale à ce tweet, le cours du baril de brut américain WTI s'est stabilisé vendredi soir à 68,26$ (-0,04%). Il affiche une hausse de 1% sur la semaine, après un bond de plus de 8% la semaine précédente. La progression du WTI est supérieure à 13% depuis le début de l'année.

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