Devises : marche arrière pour le dollar, malgré les taux élevés

Devises : marche arrière pour le dollar, malgré les taux élevés©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 13 février 2018 à 21h35

Le regain de vigueur du dollar observé la semaine dernière ne s'est pas confirmé depuis lundi. L'indice du dollar, qui avait gagné 1,4% la semaine passée, vient de rechuter de 0,7% en deux séances à 89,66 (dont -0,6% mardi) face à un panier de devises de référence.

Alors que le billet vert avait profité la semaine dernière de la baisse des actions (-5% pour les principaux indices), il semble tenté de reprendre sa tendance baissière de long terme, malgré le maintien des rendements obligataires américains à un niveau élevé (2,84% pour le T-Bond à 10 ans, proche de ses plus hauts depuis 4 ans).

Depuis l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche, le dollar a cédé environ 10% sur fond de discours protectionnistes et de critiques de l'administration Trump d'un "dollar trop fort", du moins à court terme...

Quant à l'euro, à 1,2362$ mardi soir (+0,57%), il évolue près de ses plus hauts niveaux depuis plus de 3 ans, à la fin 2014. Fin janvier, la devise européenne avait brièvement franchi le seuil de 1,25$, avant de refluer quelque peu.

Draghi inquiet de la vigueur de l'euro, Nowotny accuse ouvertement Washington

Cette vigueur de l'euro, qui affaiblit la compétitivité des entreprises exportatrices européennes et pèse sur l"inflation en réduisant le prix des importations, ne fait pas l'affaire de la BCE, qui ne ménage pas ses efforts de politique monétaire pour soutenir l'activité et les prix, depuis la sortie de la crise financière mondiale de 2008.

Le 25 janvier dernier, le président de la BCE Mario Draghi s'était inquiété de la "source d'incertitudes" née de la baisse du dollar, alors que la veille, le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin avait affirmé lors du forum de Davos qu'un "dollar plus faible" était "bon" pour les Etats-Unis puisqu'il favorisait "le commerce et les opportunités". Même si Donald Trump s'était empressé de contredire son ministre en affirmant souhaiter un "dollar fort", les déclarations contradictoires de Washington commencent à agacer leurs partenaires économique, à commencer par l'Europe.

Ces derniers jours, Ewald Nowotny, président de la Banque nationale d'Autriche et membre du Conseil de la BCE, a ainsi ouvertement accusé les Etats-Unis d'influencer leur monnaie à des fins compétitives, en violation de leurs engagements internationaux vis-à-vis du FMI et du G20.

"A la BCE on est assurément préoccupés par les tentatives des Etats-Unis d'exercer une influence politique sur le taux de change", a-t-il ainsi dit à la télévision autrichienne 'ORF'. "Cela a été un thème de débats économiques à Davos (...) et ce sera encore certainement le cas au prochain sommet du G20" Finances, qui se tiendra les 19 et 20 mars en Argentine, a ajouté M. Nowotny.

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