Devises : nouvelle poussée de l'euro avec l'accord en Allemagne

Devises : nouvelle poussée de l'euro avec l'accord en Allemagne©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 12 janvier 2018 à 19h21

L'annonce d'un accord sur la formation d'un gouvernement de coalition en Allemagne a propulsé vendredi l'euro au-dessus de 1,21$, au plus haut depuis plus de trois ans, en décembre 2014. L'euro a ainsi fini la séance en hausse de 0,81% à 1,2139$, ce qui porte sa hausse à 1,6% en trois séances.

Les investisseurs ont été rassurés par l'accord conclu vendredi entre la CDU et le SPD en vue de former un gouvernement de coalition en Allemagne. La veille, la publication des Minutes de la BCE avait déjà propulsé l'euro de plus de 0,7% : dans le compte-rendu de sa dernière réunion des 13 et 14 décembre, la BCE a évoqué une prochaine évolution de son discours et de son pilotage des anticipations, pour tenir compte de l'amélioration de la conjoncture.

La BCE prépare une sortie progressive de la phase de mesures exceptionnelles

Il n'en a pas fallu davantage pour que les investisseurs se mettent à parier sur la fin des achats d'actifs par la BCE en septembre prochain, certains tablant même sur un début de remontée des taux d'intérêts directeurs en fin d'année.

Si la banque centrale européenne semble bien préparer le terrain à la fin de ses mesures exceptionnelles prises pour lutter contre la crise de 2008, elle ne semble pas pour autant pressée de relever ses taux : à ce sujet, même l'Allemand Jens Weidmann, membre du conseil de la BCE, a tenu à temporiser vendredi. Il a déclaré que "le risque d'une hausse imminente des taux d'intérêt de la part de la BCE est faible pour le moment".

M. Weidmann, considéré par beaucoup comme candidat à la succession de Mario Draghi en octobre 2019 à la tête de la BCE, a en outre réaffirmé la nécessité de maintenir une politique monétaire accommodante longtemps après la fin du programme de rachat d'actifs ("QE"). Le responsable allemand, qui a toujours été critique du programme de "QE", a estimé que les banques européennes devaient se préparer à un environnement taux plus élevés, mais il a ajouté que "la normalisation complète de la politique monétaire sera un long chemin".

La fin du "QE" envisagée pour septembre 2018

Le patron de la Bundesbank avait en revanche réclamé le 7 janvier à ses collègues de la BCE la fixation d'une date précise pour la fin des achats d'actifs. Ce programme qui va être réduit de moitié à partir de ce janvier (passant de 60 à 30 MdsE par mois), est pour l'instant en place "jusqu'en septembre au moins". Les Minutes publiées jeudi laissent cependant entendre que septembre pourrait bien marquer la fin du programme, compte-tenu de l'accélération de la croissance économique dans la zone euro et du retour de l'inflation au-dessus de 1%, même si elle reste encore loin de l'objectif de près de 2% souhaité par la BCE.

En ce début d'année, les investisseurs cherchent donc à déterminer les prochains jalons que fixera la BCE, tant en matière de fin du "QE", qu'en matière de relèvement des taux directeurs. Lors de sa réunion des 13 et 14 décembre, l'institut monétaire basé à Francfort avait maintenu son taux de refinancement à 0,00%, son taux de facilité marginal à 0,25% et son taux de dépôt à -0,4%. Lors de la réunion du 26 octobre, elle avait annoncé la réduction de moitié, à 30 MdsE, de ses achats d'actifs à partir de janvier 2018.

Selon l'agence 'Reuters', les marchés intègrent actuellement une probabilité de 70% pour une hausse du taux de dépôt en décembre prochain, qui passerait de -0,4% à -0,3%. Il s'agirait de la première hausse de taux depuis 2011 pour la banque centrale européenne.

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