Direct Energie prend encore une châtaigne

Direct Energie prend encore une châtaigne©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 15 mars 2018 à 12h02

Le milieu de semaine ne sourit pas vraiment à Direct Energie, dont le titre perd encore 5,7% à 34,42 euros, après avoir déjà nettement reculé la veille. Le fournisseur d'énergie a fait état d'un chiffre d'affaires 2017 en progression de 16,2% à 1,97 milliard d'euros, pour Ebitda de 142,7 ME, en hausse de 21,1%. Le bénéfice net est en revanche en repli à 51,9 ME, un décalage qui s'explique essentiellement par des exceptionnels positifs en 2016 et des exceptionnels négatifs en 2017.

IFRS15 évapore 825 ME

Cette année, les revenus devraient progresser à nouveau, avec un chiffre d'affaires attendu dans la fourchette 1,35 à 1,40 MdE. Un niveau qui peut sembler étonnant au regard des revenus générés en 2017, mais qui comprend l'impact de la norme IFRS 15, qui ne reconnaît plus en chiffre d'affaires les prestations d'acheminement réalisées par les gestionnaires de réseau et refacturées au client final. Cela n'aura pas d'impact sur la marge brute du groupe ni sur sa trésorerie, mais cela coûte 825 ME de chiffre d'affaires ! Sans cette contribution, les revenus 2017 auraient atteint 1,141 MdE, la fourchette de prévisions 2018 (1,35 à 1,40 MdE) étant bien une progression. Pour l'Ebitda, Direct Energie table sur 195 à 205 ME, en vive hausse donc, mais qui intègre le groupe Quadran. Le management vise toujours 4 millions de sites clients en 2020 et 3 millions dès fin 2018.

Ebitda trop juste en 2018

La baisse du titre est essentiellement due à un Ebitda court par rapport aux attentes (la moyenne des anticipations de trois analystes suivant le dossier était à 210 ME). La forte réduction comptable des revenus a surtout un effet psychologique puisqu'elle n'a pas d'influence sur le bas du compte de résultats. Elle permettra en revanche dès cette année d'afficher des marges d'Ebitda mécaniquement plus séduisantes, indique Ning Godement chez Gilbert Dupont, qui accumule en visant 40 euros. L'objectif des 4 millions de sites en 2020 est réitéré malgré l'intensification de la concurrence, note Pierre Vaurice chez Midcap Partners (achat, objectif 47 euros), en rappelant que pour atteindre l'objectif d'Ebitda, il faudra que la montée en puissance des capacités de production de Quadran se passe sans accroc. Le mot de la fin est pour Anis Zgaya et Louis Boujard chez Oddo BHF. Ce sont les plus déçus de la prévision, à tel point que leur objectif recule de 40 à 36 euros, avec un avis neutre réitéré. Retraité de la contribution de Quadran, l'Ebitda 2018 ne sera qu'en faible progression, ce qui conduit le bureau d'études à réviser sa séquence de rentabilité sur 2018-2020. Nous restons prudents sur le titre, confirment les deux analystes, dans un contexte de pression sur les marges de la distribution et d'augmentation des dépenses de prestataires liées à la croissance du parc et à la progression de la clientèle.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.