EDF bondit, les discussions avec Bruxelles sur le nucléaire proches d'aboutir

EDF bondit, les discussions avec Bruxelles sur le nucléaire proches d'aboutir©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 11 novembre 2020 à 09h18

EDF se distingue en ce 11 novembre à la faveur d'un gain de 4,7% à 11,5 euros sur la place parisienne. Les discussions entre le gouvernement français et Bruxelles sur une nouvelle réglementation du nucléaire en France sont en voie d'achèvement, a déclaré la ministre de l'Écologie, Barbara Pompili. "Les discussions se poursuivent en vue de parvenir à une solution le plus rapidement possible", a ainsi affirmé Mme Pompili lors d'une audition au Sénat mardi. "Nous sommes en train d'achever les négociations. Je ne peux pas en dire plus".

L'Etat français, qui détient 84% d'EDF, cherche à obtenir l'approbation des autorités européennes pour réformer l'industrie du nucléaire et donner davantage de moyens à l'électricien national. La réglementation actuelle permet à des concurrents comme Total et Engie d'acheter plus d'un quart de la production nucléaire française d'EDF à 42 euros le mégawattheure. Un montant jugé insuffisant par EDF pour financer la maintenance des réacteurs et investir dans de nouveaux. Selon la proposition du gouvernement, EDF vendrait presque 100% de sa production nucléaire sur le marché dans des conditions plus favorables - qui restent à révéler - à la fois à sa propre division de vente d'électricité au détail et à ses rivaux.

Pour EDF, cette réforme est une condition préalable à une éventuelle réorganisation de ses actifs, visant à stimuler les dépenses d'investissement du groupe dans les énergies renouvelables et la mobilité électrique. Selon les informations obtenues par 'Les Echos' il y a un mois, l'un des scénarios désormais envisagés prévoirait une scission du géant français de l'énergie en trois entités, et non en deux, comme il était initialement envisagé par le plan "Hercule". Ce fameux projet, reporté plusieurs fois depuis un an, et qui avait provoqué un mouvement de grève au sein du groupe en septembre et octobre 2019.

Ainsi, les activités de production hydroélectrique d'EDF pourraient également être isolées, formant un 3e pole, qui serait baptisé "EDF Azur". L'objectif serait de "réduire le pouvoir de marché d'EDF", qui possède de fait une très large partie des capacités de production électrique française.

Initialement, le plan prévoyait la création d'une part d'un "EDF Bleu" contrôlé à 100% par l'Etat français et intégrant le nucléaire, les actifs hydrauliques et le transport d'électricité (RTE); et d'autre part d'un "EDF Vert" dont 35% aurait vocation à être introduit en Bourse, et qui comprendrait les énergies renouvelables, Enedis (le gestionnaire du réseau), Dalkia, la direction du commerce, ainsi que les activités d'outre-mer et de la Corse d'EDF.

"La crise économique actuelle renforce la nécessité pour EDF de trouver de nouvelles ressources pour investir dans la transition vers les énergies renouvelables", a souligné la ministre.

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