EDF : flambe, l'accord avec Bruxelles sur la réorganisation du groupe se rapproche

EDF : flambe, l'accord avec Bruxelles sur la réorganisation du groupe se rapproche©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 27 novembre 2020 à 14h47

EDF s'envole de 9% à 12,8 euros en cette fin de semaine, au plus haut depuis le début du mois de mars. La valeur est dopée par la spéculation entourant son projet de réorganisation... Selon 'Les Echos' qui citent plusieurs sources, "les planètes commencent à s'aligner" entre la Commission européenne et les pouvoirs publics français pour refondre la réglementation de l'électricité nucléaire et l'organisation de son champion EDF". Une information qui va dans le sens des dernières déclarations de Barbara Pompili. Il y a deux semaines, la ministre de l'Écologie a en effet déclaré, lors d'une audition au Sénat, que les discussions entre Paris et Bruxelles sur une nouvelle réglementation du nucléaire en France sont en voie d'achèvement.

Un tarif garanti pour la vente de l'électricité nucléaire

L'Etat, qui détient 84% d'EDF, cherche à obtenir l'approbation des autorités européennes pour réformer l'industrie du nucléaire et donner davantage de moyens à l'électricien national. La réglementation actuelle permet à des concurrents comme Total et Engie d'acheter plus d'un quart de la production nucléaire française d'EDF à 42 euros le mégawattheure. Un montant jugé insuffisant par EDF pour financer la maintenance des réacteurs et investir dans de nouveaux. Selon le quotidien, "EDF devrait pouvoir bénéficier dans les années à venir de la garantie d'un prix fixe versé pour la vente de l'ensemble des mégawattheures produits par ses centrales". Si aucun accord n'a encore été trouvé, "le nouveau prix devrait se situer entre 45 et 50 euros".

Deux projets étudiés

Quant à la réorganisation stricto-sensu, deux projets seraient encore sur la table. "Le premier, favorisé par EDF, consisterait à filialiser ses activités commerciales et hydrauliques, en dessous d'une tête de groupe qui porterait les activités nucléaires, 'EDF Bleu'". Le second, imaginé sur le modèle de la SNCF, "se traduirait par la séparation du groupe en trois piliers, sous un holding de tête : un EDF Bleu regroupant le nucléaire et RTE, les barrages dans un EDF Azur et un EDF Vert regroupant les énergies renouvelables, Enedis et les activités commerciales de vente d'électricité".

Les salariés manifestent

Cette réorganisation continue à être contestée par une partie des salariés de l'électricien national. Hier, un mouvement de grève a entrainé une baisse marquée de la production d'électricité d'origine nucléaire en France, selon les données compilées par le gestionnaire des lignes à haute tension RTE. Selon EDF, la part des salariés grévistes a atteint 31,7%.

Les analystes applaudissent

Jefferies ('achat') affirme que dans le scénario d'une restructuration d'EDF combiné à un prix réglementé du nucléaire dans la fourchette évoquée par la presse, le titre pourrait bondir de 20 à 40%. Selon JPMorgan ('surpondérer'), l'évolution vers un prix fixe pour la vente de l'électricité nucléaire est "clairement positive", offrant plus de visibilité et de stabilité sur les bénéfices et un potentiel de valorisation plus élevé pour le titre. Enfin, AlphaValue estime que cet accord permettrait surtout à EDF d'être "soulagé de l'épine dans le pied qu'est le nucléaire" puisque cette unité serait nationalisée. Le projet est un "véritable catalyseur positif" pour EDF et devrait se concrétiser au cours du premier semestre 2021.

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