EDF : nouveau repli marqué, la réorganisation du groupe s'inscrit en pointillé

EDF : nouveau repli marqué, la réorganisation du groupe s'inscrit en pointillé©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 06 juillet 2021 à 13h53

EDF perd encore 4,1% à 11,4 euros ce mardi, alors que le projet de nouvelle régulation du parc nucléaire français et de réorganisation du groupe énergétique semble désormais avoir clairement du plomb dans l'aile. Du moins à court terme. "Officiellement les discussions continuent, mais je pense que le projet est déjà enterré", a indiqué à 'Reuters' une source proche des promoteurs du projet.

EDF perd encore 4,1% à 11,4 euros ce mardi, alors que le projet de nouvelle régulation du parc nucléaire français et de réorganisation du groupe énergétique semble désormais avoir clairement du plomb dans l'aile. Du moins à court terme. "Officiellement les discussions continuent, mais je pense que le projet est déjà enterré", a indiqué à 'Reuters' une source proche des promoteurs du projet.

"Il est probable que rien ne se fasse avant la présidentielle et qu'EDF fasse l'objet d'un projet des candidats", selon Marie-Noëlle Battistel, députée PS spécialiste de l'énergie, qui fait partie des élus consultés au cours des derniers mois sur le sujet. D'autres sources au fait du dossier sont plus catégoriques et jugent que l'opération n'interviendra pas avant la fin du mandat actuel d'Emmanuel Macron, en raison notamment d'un recul des défenseurs du projet qui confirment leur volonté d'aboutir. "Ça ne se fera pas", estime ainsi une source proche du gouvernement à propos d'une potentielle décision favorable avant la prochaine élection présidentielle".

Bruno Le Maire avait de son côté affirmé dimanche qu'il serait difficile pour le pays d'accepter les demandes actuelles de Bruxelles : "cela me paraît très compliqué d'expliquer aux Français que nous allons céder aux demandes de la Commission européenne qui souhaite, dans le fond, qu'EDF ne soit plus une seule entreprise unique produisant différentes formes de l'électricité, mais une somme d'entités qui auraient des relations très distendues, voire plus de relations du tout les unes entre les autres", a indiqué le ministre de l'économie et des finances sur 'LCI'. "Je ne laisserai pas la Commission européenne démanteler EDF".

Le projet de refonte d'EDF était jusqu'ici censé passer par la création d'un ensemble regroupant le parc nucléaire et thermique, intégralement renationalisé, qui détiendrait lui-même 100% d'une entité dédiée à l'hydroélectricité, dans une quasi-régie évitant une mise en concurrence des barrages du groupe. EDF, dont l'Etat détient aujourd'hui 83,8% du capital, devait créer une troisième entité regroupant les énergies renouvelables, la distribution, les services et la commercialisation, dont le capital devait être ouvert à des actionnaires minoritaires - potentiellement à hauteur de 30% - et qui aurait bénéficié d'un financement propre.

Le PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy, a mis en garde à plusieurs reprises contre un rejet du projet de réorganisation, qui maintiendrait selon lui EDF dans une position difficile en le privant de nouveaux moyens financiers lui permettant en particulier d'investir davantage dans les énergies renouvelables. Dimanche, lors des rencontres économiques d'Aix-en-Provence, il a rappelé que la décision relevait du gouvernement.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.