Engie, Isabelle Kocher , l'Etat et Ségolène Royal

Engie, Isabelle Kocher , l'Etat et Ségolène Royal
Logo et direction de Engie

Boursier.com, publié le lundi 15 janvier 2018 à 14h20

Il est encore un peu tôt pour connaître la décision de l'Etat concernant sa participation dans Engie. Mais la patronne du groupe, Isabelle Kocher, n'a pas d'appréhension sur le scénario qui sera retenu. Avec ou sans la tutelle publique, l'énergéticien poursuivra la profonde mutation qui doit lui permettre de figurer à terme parmi les géants des énergies renouvelables. La dirigeante se prépare à tous les scénarios, même celui d'un retrait total de l'Etat, si le gouvernement considère que ce n'est pas nécessairement avec une part du capital qu'il peut avoir une influence sur les infrastructures énergétiques du pays, a-t-elle indiqué ce matin lors d'une conférence de presse.

L'Agence des participations de l'Etat possède 24,10% du capital d'Engie, sa plus grosse ligne cotée si l'on exclut EDF. Sur la base du cours du jour, 15,55 euros, elle pèse 8,55 milliards d'euros environ. L'Etat avait cédé 4,5% du capital en septembre dernier, après avoir vendu 4,1% en janvier 2017. Dans un rapport publié l'année dernière, la Cour des Comptes estimait que les pouvoirs publics pouvaient se permettre de faire baisser leur détention vers les 20%, sans perte de d'influence notable. Il faudra toutefois légiférer : réglementairement, l'Etat n'a pas le droit de détenir moins du tiers des droits de vote d'Engie sur une longue période. S'il est actuellement sous ce seuil (27,1%), la récupération de droits de vote double va lui permettre de se conformer à nouveau à l'obligation dans les mois à venir. Le dernier placement avait été calibré en ce sens, avait indiqué Bercy. Une modification légale est à fortiori nécessaire s'il entrait dans les projets du gouvernement de quitter définitivement le capital.

DG ou PDG ?

Etre seule ou accompagnée, Isabelle Kocher n'a donc pas de préférence. Mais ce qui est vrai pour l'actionnariat ne l'est pas forcément pour la direction de l'entreprise. Interrogée sur la succession de Gérard Mestrallet, son président, qui doit passer la main en mai, la directrice générale a botté en touche. Tant que le processus n'est pas arrivé à son terme et tant qu'aucune décision n'a été annoncée par le conseil d'administration, je ne ferai aucun commentaire, a-t-elle expliqué en conférence. Il est de notoriété publique qu'après avoir triomphé des principaux écueils de la réorganisation de son groupe, Isabelle Kocher se verrait bien en présidente directrice générale. On imagine volontiers qu'elle n'a sans doute pas beaucoup apprécié la rumeur propagée ce matin par 'La Lettre de l'Expansion', selon laquelle Gérard Mestrallet verrait bien Ségolène Royal lui succéder à la présidence non-exécutive d'Engie...

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