Eramet : de lourdes dépréciations plombent les comptes du 1er semestre

Eramet : de lourdes dépréciations plombent les comptes du 1er semestre
Mine de Népoui de la SLN (Nouvelle-Calédonie)

Boursier.com, publié le jeudi 30 juillet 2020 à 06h22

Le chiffre d'affaires du Groupe Eramet s'élève à 1,7 milliard d'euros au 1er semestre 2020, en baisse de -7%. A périmètre et change constants, la variation du chiffre d'affaires serait en recul de -9%, en raison principalement du fort impact de la crise sanitaire sur les marchés du Groupe.

Malgré des progrès intrinsèques de plus de 120 millions d'euros sur le 1er semestre, l'Ebitda du Groupe s'élève à 120 ME, en baisse de -187 ME, dont environ -280 ME d'effet prix (minerai de manganèse et ferronickel principalement) et environ -80 ME liés à l'impact Covid sur les activités du Groupe.

Le résultat avant impôt est en repli à -566 ME. Le résultat net part du Groupe est de -623 ME, reflétant notamment les dépréciations d'actifs liées à la crise, principalement A&D (-197 ME) et la mise sous cocon du projet lithium (-142 ME).

Trésorerie élevée

Dans le cadre du plan de 'cash control', les décaissements liés aux investissements courants ont baissé de -15% au 1er semestre 2020. Afin d'accompagner la croissance organique de la production de manganèse au Gabon, fortement créatrice de valeur avec un temps de retour sur investissement très court, le Groupe a investi 25 ME au 1er semestre. Par ailleurs, les investissements déjà engagés en début d'année pour le projet lithium, mis sous cocon début avril, ont représenté 58 ME. Ainsi, les cash capex s'élèvent à 199 ME à fin juin, dont 96 ME de capex courants.

Le free cash-flow (FCF) s'élève à -210 ME, dont -156 ME pour A&D et -80 ME pour le projet lithium. Hors ces effets, le FCF a bénéficié du plan de cash control, notamment en termes de maîtrise du BFR et des investissements courants. Le FCF s'élève à +65 ME pour la division Mines & Métaux, hors projet lithium.

La dette nette s'élève à 1,536 MdE au 30 juin, y compris un impact de 94 ME lié à l'application d'IFRS 16. Le 'gearing' est à 113% avant 'impairment'. Le groupe a obtenu la suspension du calcul de 'covenants' ('Covenant holidays') pour juin et décembre 2020.

La trésorerie du Groupe reste élevée à 1,941 MdE.

Christel Bories, Président-Directeur Général du Groupe, commente : "La crise sanitaire liée au Covid-19 a mis nos industries à rude épreuve et a profondément perturbé nos écosystèmes. Elle a surtout entraîné une crise majeure dans le secteur aéronautique, la plus grave que ce secteur ait jamais connue. Dans ce contexte, nous avons renforcé nos mesures de préservation du cash et accéléré la revue de notre portefeuille d'actifs. Nous restons dans une conjoncture très volatile et incertaine, tous secteurs d'activité confondus".

Un point sur la crise sanitaire

Dans la division Mines et Métaux, l'ensemble des mines et usines fonctionne normalement. Seules les usines d'alliages de manganèse ont ajusté leur production afin de s'adapter à la contraction de la demande en Europe et aux Etats-Unis.
Les opérations de Comilog et Setrag au Gabon affichent des performances opérationnelles remarquables. Les protocoles sanitaires déployés permettent de poursuivre les opérations alors que le pays reste très vigilant face à l'épidémie.
En Nouvelle-Calédonie, les effets de la pandémie sur le territoire restent très limités à date, sans impact sur les opérations.
Au Sénégal, un bon niveau de production a pu être maintenu en continu, grâce à des mesures de confinement spécifiques des personnes travaillant sur la mine, ce qui a induit des coûts non récurrents.
En Indonésie, les mesures sanitaires prises dans les opérations ont permis d'assurer la continuité de l'activité minière et le démarrage en avance sur son planning de l'usine de production de ferroalliages de nickel de Weda Bay.

Dans la division Alliages Haute Performance, le très fort ralentissement du secteur aéronautique pèse significativement sur A&D. Les sites de la filiale ont ainsi connu une chute brutale de leur activité au 2e trimestre et le taux de marche de chaque atelier de production est ajusté selon les baisses de marché. De même, le recul des marchés finaux d'Erasteel, en particulier l'automobile, a conduit à une réduction de la production au 2e trimestre.

Par ailleur, Eramet assure s'être pleinement mobilisé pour protéger la santé de l'ensemble de ses collaborateurs ainsi que de leurs familles et assurer la continuité des activités en adaptant les organisations en relation étroite avec les employés, les fournisseurs et les clients. Un protocole sanitaire a été mis en place sur l'ensemble des sites pour maîtriser le risque de contagion au travail. Des consignes très strictes restent appliquées actuellement pour faire respecter les règles sanitaires.

Perspectives

Eramet rappelle que tout au long du 1er semestre, le Groupe est resté fortement mobilisé sur la réduction des accidents du travail, dont le taux (TF24) s'établit à 4,3 en cumul à fin juin 2020, en constante baisse depuis plusieurs trimestres (-20% par rapport à 2019). Christel Bories, Président-Directeur Général du Groupe indique encore : "Je tiens à saluer la mobilisation exceptionnelle des collaborateurs qui ont fait preuve d'ingéniosité et de réactivité afin d'assurer, au mieux, la continuité des opérations dans le strict respect des mesures de protection sanitaire. Nous avons poursuivi notre stratégie de croissance organique des activités minières et l'optimisation de nos opérations, pour rebondir dès que la conjoncture mondiale sera plus favorable".

Cependant dans ce contexte de crise économique mondiale, les équilibres de marché ainsi que le niveau d'activité des clients restent toujours volatils et très difficiles à anticiper.

Compte tenu de ce niveau d'incertitude, Eramet maintient la suspension de la guidance d'Ebitda pour l'année 2020 au niveau consolidé, indépendamment des prévisions annoncées pour la production de minerai de manganèse et pour les exportations de minerai de nickel.

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