Esso : à la fin juin, la position financière nette était positive de 123 ME

Esso : à la fin juin, la position financière nette était positive de 123 ME©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 13 novembre 2020 à 07h57

L'année 2020 continue d'être fortement marquée par les impacts résultants de la pandémie de COVID-19, souligne le groupe Esso. La demande en produits pétroliers a toutefois connu un rebond sensible au troisième trimestre par rapport au second trimestre à la suite de l'allègement des mesures sanitaires et les quantités de produits raffinés vendues par le groupe Esso S.A.F ont progressé de 17,9% d'un trimestre à l'autre.

S'appuyant sur la flexibilité et la robustesse de ses systèmes informatiques et de communication, le groupe a étendu le télétravail pour les postes compatibles dès le mois de septembre, sans avoir eu recours aux dispositifs d'aide mis en place par le gouvernement depuis le début de la crise.

A la suite des nouvelles mesures de restriction de circulation liées au confinement instauré le 30 octobre 2020, le groupe Esso S.A.F. s'attend à une nouvelle érosion temporaire de la demande en produits pétroliers par rapport au niveau observé ces dernières semaines. Le groupe a mis en oeuvre les procédures prévues afin d'assurer la continuité de l'approvisionnement de ses clients. Il continuera d'adapter la marche des unités de ses raffineries en fonction de l'évolution de la demande ou de potentielles contraintes d'approvisionnement, de production ou de stockage.

Dans ce contexte difficile, le groupe Esso S.A.F. continue de démontrer sa capacité à opérer en mode contraint. Sa gestion rigoureuse lui a permis d'engager de vigoureuses initiatives de réduction de ses dépenses opérationnelles et de rééchelonner ses plans d'investissements.

Evolution du prix du pétrole brut

Au troisième trimestre 2020, le prix moyen du baril de Brent s'est établi à 43$, en baisse de 31% par rapport au troisième trimestre 2019 (62$), en hausse de 8% par rapport à la moyenne du premier semestre 2020 (40$).
La parité euro-dollar s'est établie en moyenne à 1,17 $/euro au cours du troisième trimestre 2020 contre 1,11 $/euro au troisième trimestre 2019 et 1,10 $/euro au premier semestre 2020.

Exprimé en euros, le prix moyen du baril de Brent s'est élevé à 37 euros au troisième trimestre 2020, en baisse de 34% par rapport au cours de 56 euros du troisième trimestre 2019, en hausse de 3% par rapport au premier semestre 2020 (36 euros).

Marges brutes de raffinage

La marge brute indicative de raffinage carburants et combustibles publiée par la Direction Générale de l'Energie et du Climat (DGEC) du Ministère de la Transition écologique et solidaire, s'est élevée à seulement 1 euro/tonne en moyenne pour le troisième trimestre 2020 contre une marge de raffinage de 35 EUR/tonne en moyenne pour le troisième trimestre 2019.

Cette situation de marges brutes de raffinage très basses au cours du trimestre résulte d'un sur-approvisionnement du marché des produits pétroliers lié à la forte baisse de la consommation résultant de la pandémie et qui aggrave ainsi la situation de surcapacité de production du raffinage européen.

L'indicateur de marge de raffinage était très légèrement positif en juillet 2020 à 5 euros/tonne, puis négatif en août 2020 à -2 euros/tonne et à zéro en septembre 2020.

Evolution des marges de raffinage années 2019 et 2020 en EUR/T

L'indicateur de marge de raffinage de la DGEC est un indicateur de marge de raffinage sur coûts énergétiques dont les rendements sur Brent sont représentatifs d'une raffinerie auto-suffisante opérée pour maximiser la production de distillats moyens. Cet indicateur a vocation à illustrer la tendance de l'environnement économique du raffinage de Carburants et Combustibles.

Cet indicateur de marge "théorique" diffère de la marge brute réalisée par le groupe Esso S.A.F. compte tenu de la configuration et des conditions d'opération et de production propres à chacune de ses raffineries, dans un environnement où les prix du pétrole brut et des produits finis peuvent varier très rapidement.

Marché français des produits pétroliers

D'après les statistiques publiées par le Comité Professionnel du Pétrole (CPDP), la consommation des produits pétroliers sur le marché intérieur français à fin août 2020 est en baisse de 15,5% par rapport à la même période de l'année 2019.
Concernant les carburants et combustibles, les volumes de supercarburants vendus sur le marché intérieur sont en baisse de 14,7 %, ceux du gazole routier en baisse de 18,7%.
Les ventes de fioul domestique sont en hausse de 13% et celles des lubrifiants et carburéacteur en baisse respectivement de 13,1% et de 53,7% par rapport à fin août 2019.

ACTIVITE DU TRIMESTRE ET FAITS MARQUANTS

La quantité de pétrole brut traitée dans les deux raffineries est en baisse de 5% au troisième trimestre 2020 par rapport au troisième trimestre 2019 mais a enregistré un rebond sensible de 17,6% par rapport au second trimestre 2020.

A fin septembre 2020, 11,3 millions de tonnes de pétrole brut ont été traitées par le groupe soit une baisse d'environ 4 % par rapport aux neuf premiers mois de 2019 qui avaient été marqués par un grand arrêt programmé de la partie Est de la raffinerie de Gravenchon.
Les raffineries du groupe continuent leurs opérations pendant la crise pandémique en adaptant la marche des unités en fonction de l'évolution de la demande.

Chiffre d'affaires et volumes vendus

Les volumes totaux vendus au cours du troisième trimestre 2020, soit 6,7 millions de m(3), sont en baisse de 6,2% par rapport aux volumes vendus au troisième trimestre 2019. Les volumes vendus sur le marché intérieur (ventes en France, hors ventes directes de raffinage et ventes extraterritoriales) soit 3,6 millions de m(3), sont en baisse de 16,9% par rapport à la même période de l'année 2019.

A fin septembre 2020, les volumes totaux vendus par le groupe s'élèvent à 19,6 millions de m(3) et sont en baisse de 2,9% par rapport à fin septembre 2019. Les quantités vendues sur le marché intérieur français sont en baisse de 14% et s'établissent à 10,4 millions de m(3) contre 12,1 millions de m(3) en 2019.
Le chiffre d'affaires (hors TVA) du groupe s'élève à 7,8 milliards d'euros, en baisse de 29% par rapport au 30 septembre 2019, reflétant à la fois la baisse des quantités vendues et la baisse des prix de marché des produits pétroliers par rapport à la même période de l'année 2019.

Investissements

Pour l'année 2020 la prévision de dépenses d'investissement s'établit à 38 millions d'euros, dont 33 millions d'euros dans les raffineries du groupe. Pour 2021, le groupe envisage un programme d'investissements de 43 millions.
En 2019, le groupe avait investi 112 millions d'euros dont 88 millions d'euros pour le site de Gravenchon : 49 millions d'euros en capitalisation des coûts de grand entretien et 39 millions d'euros pour de nouveaux projets plus spécifiques de réduction des émissions et d'amélioration du mix de production.

Au 30 septembre 2020, aucun litige ou procédure matériellement significatif n'a été engagé à l'encontre du groupe durant les trois trimestres écoulés.

Situation financière et perspectives

A fin septembre 2020, la position financière nette du groupe est négative pour un montant de 42 millions d'euros. A fin juin 2020 la position financière nette était positive de 123 millions d'euros pour des capitaux propres de 310 millions d'euros.
Le groupe Esso S.A.F. est exposé aux incertitudes concernant l'évolution du prix du pétrole brut et du taux de change du dollar, à la volatilité des prix des produits pétroliers et des marges de raffinage dans un marché ouvert à une concurrence mondiale.

La Stratégie Nationale Bas Carbone et le projet de Planification Pluriannuelle de l'Énergie publié en janvier 2019 selon la loi no2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte ont posé les jalons de la transition énergétique envisagée par les pouvoirs publics. Cette transition va conduire dans le temps à une baisse de la consommation d'énergies fossiles et à une évolution de la structure des marchés fournis par le groupe, toutefois l'ampleur comme le rythme de cette transition demeurent incertains. Dans ce contexte, le groupe Esso S.A.F. entend poursuivre ses efforts d'amélioration de sa compétitivité et d'optimisation de ses actifs industriels. Pour cela, des conditions économiques, fiscales et réglementaires favorables et prévisibles sont essentielles.

A ces facteurs d'incertitude s'ajoute l'impact, depuis le début de l'année 2020, de la pandémie de COVID-19, notamment l'ampleur et la durabilité de la baisse de la demande. Le groupe Esso S.A.F. a toutefois démontré qu'il disposait des atouts et de la flexibilité nécessaires pour y faire face en adaptant ses opérations pour assurer sa capacité à servir pleinement ses clients, aujourd'hui comme demain au meilleur coût.

Les actions de réduction vigoureuse de ses dépenses opérationnelles comme l'ajustement de son plan d'investissements, engagées dès le second trimestre, s'inscrivent dans cette démarche. Le groupe Esso S.A.F. a également annoncé le 5 octobre 2020 un projet de réorganisations de ses activités visant à sauvegarder sa compétitivité dans des conditions de marché qui restent à ce jour très dégradées et à améliorer son efficacité structurelle afin de poursuivre son adaptation à l'environnement économique.

Plus que jamais, le groupe Esso S.A.F. doit répondre, en tant qu'acteur majeur de l'industrie du raffinage, au double défi de produire et distribuer une énergie bon marché pour soutenir l'économie tout en réduisant les impacts sur l'environnement. Il poursuivra ses efforts en s'appuyant sur cinq piliers stratégiques :

Opérer à un niveau d'excellence ;
Sauvegarder et renforcer la compétitivité de son outil industriel ;
Poursuivre le développement de ses ventes ;
Continuer à transformer sa culture d'entreprise ;
Se positionner pour un futur bas carbone.

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