Etats-Unis : après Facebook, c'est Oracle qui plonge à Wall Street

Etats-Unis : après Facebook, c'est Oracle qui plonge à Wall Street
Oracle éditeur logiciel US

Boursier.com, publié le mardi 20 mars 2018 à 11h26

Après la purge de la veille (-1,35% sur le DJIA et -1,84% sur le Nasdaq), la cote américaine reste sous pression avant bourse ce mardi. Le S&P500 cède ainsi 0,1% et le Nasdaq 0,4%, en attendant le verdict de la Fed. Hier, Facebook avait lourdement pesé sur les marchés, décrochant de 6,8% suite à l'affaire Cambridge Analytica... Ce mardi, c'est Oracle qui dévisse sur la cote US, au lendemain de trimestriels décevants du géant des logiciels d'entreprise...

Place à la Fed

La Fed tient ce mardi et demain mercredi sa réunion de politique monétaire, qui devrait se conclure par un relèvement des taux d'un quart de point (probabilité de 93% d'un taux rehaussé entre 1,5 et 1,75% sur les fonds fédéraux, selon l'outil FedWatch du CME Group - contre 7% pour la probabilité d'un statu quo)...

La conférence de presse du nouveau président de la Fed Jerome Powell - sa première à ce poste - est très attendue. Elle permettra, demain soir (20h30 en France), de tenter de décrypter les intentions de la Fed pour le reste de 2018.

Trois tours de vis d'un quart de point sont pour l'heure anticipés par une majeure partie des économistes. Néanmoins, certains craignent une poussée de l'inflation qui contraindrait la Banque à une quatrième hausse des taux cette année.

Cette réunion revêt une importance particulière, les marchés se trouvant en manque de repères depuis le changement à la tête de l'institution. Ce sera donc la toute première réunion monétaire sous la direction de Powell, qui a pris la succession de Janet Yellen début février en tant que président de la banque centrale américaine... Le communiqué monétaire de la Fed sera publié demain à 20 heures, en même temps que les prévisions économiques de la Banque centrale américaine.

Trump va taxer les importations chinoises

Donald Trump avait fait beaucoup parler de lui durant le week-end, s'en prenant notamment aux ex-dirigeants du FBI, Andrew McCabe et James Comey, ainsi qu'au procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur la possible collusion entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie... Ce mardi, ce sont les rumeurs de taxation des importations chinoises qui font leur grand retour. Ainsi, Trump, qui avait déjà cassé l'ambiance il y a quelques jours avec ses taxes sur l'acier et l'aluminium, devrait en remettre très prochainement une couche en annonçant cette semaine de nouvelles mesures protectionnistes visant spécifiquement la Chine. Les importations chinoises de produits technologiques et télécoms seraient tout particulièrement visées. Les nouveaux tarifs douaniers concernant la Chine pourraient atteindre 60 Mds$.

LES VALEURS

Oracle dévisse avant bourse à Wall Street, abandonnant près du dixième de sa valeur, suite à la publication des résultats du troisième trimestre fiscal, clos fin février 2018. Les investisseurs ont été déçus par l'annonce d'un chiffre d'affaires trimestriel légèrement inférieur aux attentes des analystes, en raison d'une croissance décevante de l'activité d'informatique dématérialisée ('cloud'). Les ventes globales de l'éditeur de logiciels de gestion ont progressé de 6,1% à 9,77 milliards de dollars, juste en-deçà du consensus, qui était logé à 9,78 Mds$. Quant aux ventes liées au 'cloud', elles ont augmenté de 32% à 1,57 Md$, alors que les analystes attendaient un peu mieux, à 1,59 Md$.

Oracle a aussi fait état d'une perte trimestrielle nette de 4,02 Mds$ (98 cents par action) après un bénéfice de 2,24 Mds$ un an plus tôt (53 cents/action). Cette perte est liée à une charge exceptionnelle de 6,9 Mds$ liée à la réforme fiscale aux Etats-Unis. En excluant les éléments non récurrents, Oracle a toutefois dégagé un bénéfice par action supérieur aux attentes, à 83 cents, contre 72 cents attendus.

Facebook est encore attendu en déclin avant bourse à Wall Street, après son plongeon de la veille. Le feuilleton Cambridge Analytica se poursuit. Hier, Facebook disait avoir engagé des auditeurs légaux de Stroz Friedberg pour investiguer et déterminer si la firme de conseil au coeur du scandale détenait encore les données de dizaines de millions d'utilisateurs du réseau social. Les équipes de Stroz Friedberg se sont rendues hier au siège londonien de la firme de conseil, mais se sont arrêtées afin de laisser travailler l'ICO ('Information Commissioner's Office') britannique.

L'ICO est une autorité indépendante britannique, dont l'une des fonctions est la défense de la confidentialité des données personnelles des individus. Ce régulateur britannique dédié aux données privées a obtenu un mandat afin de perquisitionner les bureaux de Cambridge Analytica, firme de conseil dans le domaine politique qui aurait donc récupéré - et peut-être utilisé de manière inappropriée - les données de 50 millions d'utilisateurs du réseau social californien de Menlo Park.

Facebook enquête par ailleurs sur Joseph Chancellor, chercheur en psychologie sociale au sein du réseau social. Il était auparavant co-directeur de Global Science Research, qui avait obtenu des informations sur les utilisateurs Facebook et leurs amis par l'intermédiaire d'une application de quiz de personnalité. Aleksandr Kogan, autre co-directeur de la firme, aurait ensuite transmis ces informations à Cambridge Analytica... Des données qui auraient pu être utilisées par la firme Cambridge Analytica pour la campagne de Trump en 2016...

L'application aurait finalement permis de collecter des informations sur des dizaines de millions de personnes. L'utilisation faite de ces données poserait problème, le développeur ayant enfreint la politique de Facebook en transmettant justement ces données à la fameuse 'Cambridge Analytica' et à sa maison-mère britannique. Facebook a constaté il y a quelques jours que les données en question n'avaient pas été totalement détruites, contrairement aux engagements de Cambridge Analytica. Robert Mercer, milliardaire donateur du Parti républicain, est un actionnaire majeur de 'Cambridge'(, qui compte par ailleurs Steve Bannon - acteur de la campagne de Trump en 2016 - à son conseil d'administration... Les fameuses données pourraient donc avoir été utilisées pour la constitution de publicités électorales ciblées durant la campagne de Trump...

Le réseau social va donc devoir déployer des efforts très importants, dans les prochains mois, afin de restaurer la confiance dans sa marque et son engagement au respect de la vie privée et des données des utilisateurs.
"Aleksandr Kogan, un professeur de l'Université de Cambridge, a accédé aux données de plus de 50 millions d'utilisateurs de Facebook en créant simplement une enquête, remplie par 270.000 personnes", résume CNN. Et comme l'admet Facebook, Kogan a accédé à ces données de manière légitime. Ce qui pose problème, c'est la transmission de ces données à un tiers, pour un usage inapproprié. "Protéger les informations du public est au coeur de tout ce que nous faisons", a assuré Paul Grewal, 'deputy general counsel' de Facebook. Pourtant, cette affaire montre l'usage détourné pouvant être fait de données collectées par des parties externes sur les réseaux sociaux...

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1 commentaire - Etats-Unis : après Facebook, c'est Oracle qui plonge à Wall Street
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    Mdr -

    Alors les exubérants quand on cherche,on trouve....Bonne journée.Mdr