Etats-Unis : après la Fed, l'emploi et le pétrole

Etats-Unis : après la Fed, l'emploi et le pétrole
Deux traders inquiets sur le floor du NYSE à New York.

Boursier.com, publié le jeudi 08 juillet 2021 à 09h36

Sur le front économique à Wall Street ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 3 juillet seront communiquées à 14h30 (consensus 353.000), alors que le rapport hebdomadaire du Département à l'Énergie sur les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close au 2 juillet sera annoncé à 17 heures. Les chiffres du crédit à la consommation pour le mois de mai seront annoncés à 21 heures (consensus +19 milliards de dollars).

Sur le front économique à Wall Street ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 3 juillet seront communiquées à 14h30 (consensus 353.000), alors que le rapport hebdomadaire du Département à l'Énergie sur les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close au 2 juillet sera annoncé à 17 heures. Les chiffres du crédit à la consommation pour le mois de mai seront annoncés à 21 heures (consensus +19 milliards de dollars).

Le compte-rendu de la réunion de la Fed des 15 et 16 juin dernier, publié hier soir, a confirmé que la banque centrale américaine s'interrogeait sur le calendrier de réduction de son vaste programme d'achat d'actifs (120 milliards de dollars par mois), mis en place en mars 2020 pour lutter contre la crise du coronavirus. Ses membres ont cependant estimé que le moment n'était pas encore venu pour entamer ce "tapering". Les conditions de progrès substantiels supplémentaires dans le rétablissement de l'économie ne sont ainsi "pas encore atteints", selon le document. A Wall Street, les indices boursiers ont peu réagi à cette publication hier, le Dow Jones gagnant 0,3% et le Nasdaq pointant à l'équilibre à la clôture.

Les "Minutes" montrent que les responsables de la Fed veulent se tenir prêts à agir "selon un calendrier prudent", et certains ont estimé que les conditions d'un "tapering" interviendraient plus tôt que prévu initialement. Certains ont en outre jugé souhaitable de réduire en priorité les achats d'actifs adossés à des prêts hypothécaires (MBS) actuellement de 40 Mds$ par mois, avant de réduire les achats d'obligations d'Etat (80 Mds$ par mois).

Les marchés financiers estiment que la Fed pourrait annoncer dès la fin de cet été son intention de réduire ses achats d'obligations sur les marchés, sauf en cas de ralentissement économique dû à la progression du variant delta du Covid-19. La baisse effective des achats pourrait commencer de façon progressive à partir de début 2022, selon les économistes.

La réunion de juin (qui s'est soldée par un statu quo monétaire) était la première au cours de laquelle les membres de la Fed avaient commencé à aborder la question de la réduction du soutien monétaire, face à une reprise économique qui a surpris par sa vigueur outre-Atlantique, grâce à une campagne de vaccination efficace contre le Covid-19. En outre l'accélération de l'inflation a amené la Fed à surveiller de près les risques de surchauffe, même si le phénomène de hausse des prix est jugé temporaire.

Les Minutes publiées mercredi montrent que les responsables de la Fed ont été surpris de la vigueur de l'inflation cette année, mais que la plupart d'entre eux continuent de juger ce phénomène transitoire.

La Fed a relevé ses prévisions de croissance aux Etats-Unis à 7% pour cette année (contre 6,5% en mars), tandis que l'inflation "core PCE" (sa mesure favorite) est attendue à 3% cette année (dépassant l'objectif de 2%) avant de ralentir à 2,1% en 2022 et en 2023. En mai, le "core PCE" a accéléré à 3,4% sur un an.

Le président de la Fed, Jerome Powell, avait indiqué lors de sa conférence de presse du 16 juin, que les membres de la Fed avaient bel et bien abordé le sujet du "tapering". "Si vous voulez, vous pouvez dire que c'était la réunion où l'on a 'parlé-de-parler-de' " réduire les achats d'obligations, avait-il déclaré sans plus de précision.

Dans ses nouvelles projections, la Fed avait en outre montré qu'elle s'attendait désormais à une hausse de son principal taux directeur (actuellement proche de zéro) à partir de 2023, voire de la fin 2022 pour certains membres, contre 2024 jusque là.

La BCE, quant à elle, dévoilera en début d'après-midi les conclusions de sa première revue stratégique en près de 20 ans. Selon des sources proches de la BCE citées par 'Bloomberg', la Banque centrale européenne aurait décidé de porter son objectif d'inflation à 2% et de se laisser une marge de manoeuvre à la hausse comme à la baisse en cas de besoin. Une confirmation de ce choix marquerait un changement important par rapport à l'objectif actuel qui est une inflation "proche mais inférieure à 2%". Une guidance perçue par de nombreux observateurs mais aussi responsables politiques comme trop vague.

La formulation actuelle a pu rendre l'engagement "déroutant pour les observateurs et les marchés", de l'aveu même de Christine Lagarde. Le nouvel objectif est censé s'attaquer à ce problème, en cherchant à ancrer les anticipations d'inflation conformes au nouvel objectif auprès des investisseurs et du grand public. Outre la question de l'inflation, la nouvelle stratégie de la BCE couvre également un large éventail d'autres questions de politique économique, notamment la manière de contribuer à la lutte contre le changement climatique, l'interaction des politiques budgétaire et monétaire, les tendances de l'emploi et la mondialisation. Les résultats officiels de l'examen seront publiés à 13 heures, avant que Christine Lagarde ne prenne la parole 90 minutes plus tard.

Après des gains de l'ordre de 50% depuis le début de l'année, les cours du pétrole ont chuté mercredi pour la 2e séance, alors qu'un bras de fer opposant l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis a semé des doutes sur la capacité de l'Opep et de ses alliés à continuer de maîtriser leur production de brut. Mercredi soir, le baril de WTI a cédé 1,6% à 72,20$ sur le Nymex pour le contrat à terme d'août, après avoir perdu 2,4% mardi, tandis que le Brent de la mer du Nord (contrat de septembre) a trébuché de 1,5% à 73,43$ (-3,4% mardi). Les cours des deux variétés de brut ont été soutenus depuis le début de l'année par la reprise de la demande mondiale grâce à la vaccination, qui a fait refluer la pandémie de coronavirus.

Toutefois, l'annonce lundi d'un échec des 23 membres de l'alliance Opep+ à trouver un accord pour continuer à relever leur production à partir d'août, fait désormais craindre que l'alliance ne se délite, avec des conséquences imprévisibles sur la production et les prix du pétrole. Le projet avorté envisageait une hausse de 400.000 barils par jour par mois, entre août et décembre, soit 2 mbj supplémentaires d'ici à la fin 2021.

Mais les Emirats arabes unis ont bloqué l'accord (qui doit être approuvé à l'unanimité) en exigeant une hausse de leurs quotas, ce qui a été refusé par l'Arabie saoudite. En outre, aucune nouvelle date n'a été fixée pour une autre réunion, ce qui est très rare au sein du cartel pétrolier.

Dans l'immédiat si aucun accord n'est conclu, la production devrait en théorie rester stable à partir d'août (un facteur haussier pour les cours), mais des experts craignent désormais que de nombreux pays producteurs, impatients de relever leur production, ne soient tentés d'agir en solo, inondant le marché mondial, et entraînant une chute des cours. Un article paru mercredi dans le 'Wall Street Journal' évoquait même un "possible retrait des Emirats de l'Opep afin de pouvoir pomper jusqu'à 4 mbj en vue de renflouer ses caisses pendant que les cours restent solides"...

Selon 'Reuters', qui cite des sources au sein de l'Opep+, la Russie serait en train de mener des efforts diplomatique pour tenter de réconcilier l'Arabie saoudite et les Emirats. De leur côté, les Etats-Unis, qui ne sont pas membres de l'Opep+ ont appelé les parties prenantes à trouver "une solution de compromis qui permette de faire avancer les augmentations de production proposées".

Mardi, au cours d'un point presse, la porte-parole de la Maison blanche, Jen Psaki, a qualifié d'"encourageantes" les discussions qui ont lieu depuis ce week-end entre des responsables américains et leurs homologues saoudiens et émiratis. Elle a insisté sur un accord qui "permettra l'accès à une énergie abordable et fiable", à l'orée de la saison estivale, où la demande de carburants est la plus élevée aux Etats-Unis. Les prix de l'essence à la pompe y ont déjà atteint ces derniers jours de nouveaux sommets en sept ans, au-dessus de 3 dollars le gallon.

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