Etats-Unis : Biden, Yellen et Powell appellent à un nouveau plan de relance

Etats-Unis : Biden, Yellen et Powell appellent à un nouveau plan de relance
Etats-Unis Washington drapeau

Boursier.com, publié le mardi 01 décembre 2020 à 21h55

Alors qu'une nouvelle vague de coronavirus se propage aux Etats-Unis, menaçant de rendre les prochains mois très difficiles, malgré l'arrivée annoncée des vaccins, le président élu Joe Biden a exhorté mardi le Congrès américain à voter sans délai un nouveau plan d'aide "robuste", et a promis à ses compatriotes que "l'aide arrive" face aux ravages de la crise du coronavirus sur l'économie et la société américaine.

"A tous ceux qui luttent maintenant, notre message est le suivant : l'aide arrive", a plaidé Joe Biden depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware, où il présentait sa nouvelle équipe économique, dont Janet Yellen, sa future secrétaire au Trésor.

Au même moment, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, s'exprimait devant une commission du Sénat et a notamment estimé que "sans aide, le risque est de mener à plus d'inégalités".

"Il est urgent d'agir", exhorte Janet Yellen

Pour des millions d'Américains qui ont perdu leur emploi ou ont vu réduire leur nombre d'heures travaillées, cette aide doit être "immédiate", a insisté M. Biden réitérant ses promesses de campagne notamment la création d'emplois bien rémunérés et la réduction des inégalités.

Mme Yellen a qualifié pour sa part la crise économique actuelle de "tragédie" pour de nombreux Américains et a appelé le Congrès à agir d'urgence pour adopter un nouveau plan de soutien à l'économie. "Il est urgent d'agir pour éviter que la récession ne s'auto-alimente et ne provoque encore plus de ravages", a ajouté l'ancienne présidente de la Fed.

"Tant de gens ont du mal à mettre de la nourriture sur la table et à payer leurs factures et leur loyer", a déclaré Mme Yellen (...) C'est une tragédie américaine", a-t-elle ajouté.

Un nouveau projet bipartisan de 908 milliards de dollars

Ces déclarations sont intervenues alors que la présidente démocrate de la chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin sont sous pression pour parvenir à un compromis bipartisan. Les deux responsables se sont entretenus mardi pour la première fois depuis l'élection du 3 novembre : ils ont évoqué le sujet brûlant du nouveau plan de soutien, mais aussi le financement des services de l'Etat pour éviter un "shutdown" qui pourrait intervenir le 11 décembre faute d'accord.

Au Sénat, un groupe bipartisan d'élus a rédigé mardi une nouvelle proposition de plan de relance, d'un montant de 908 milliards de dollars. Ce plan serait un compromis entre les 2.000 Mds$ réclamés par les Démocrates depuis des mois, et le package minimal de 500 Mds$ soutenu jusqu'ici par les sénateurs républicains. "Il serait inexcusable que nous quittions la ville sans accord" avant les vacances de Noël", a déclaré mardi le sénateur démocrate Joe Manchin, l'un des initiateurs de ce projet.

A l'issue de l'entretien avec Steven Mnuchin, Mme Pelosi n'a pas donné de détails sur le contenu des discussions. Elle a déclaré dans un communiqué quelle espérait que l'administration Trump soutiendrait un projet de financement du budget bipartisan. Elle a aussi dit au secrétaire au Trésor que tout plan de soutien lié à la pandémie devrait inclure des vaccinations gratuites et accessibles pour tous les Américains.

14 millions d'Américains menacés d'être privés d'aides le 1er janvier

Rappelons que si aucun nouveau plan de soutien n'est adopté, la plupart des mesures de soutien prévues dans le cadre du vaste plan de 2.200 Mds$ ("CARES Act") voté en mars dernier, arriveront à expiration le 31 décembre. Près de 14 millions d'Américains seront alors privés d'indemnisation de chômage technique, et devront aussi faire face à la fin du moratoire sur leurs loyers, leurs crédits immobiliers ou leurs emprunts étudiants, selon des estimations de la chaîne 'CNBC'.

Auditionné devant le Sénat mardi, le président de la Réserve fédérale Jerome Powell a répété que la première économie du monde avait encore de longs mois "difficiles" devant elle, malgré les avancées médicales sur les vaccins. "Nous avons encore un long chemin à parcourir, nous avons environ 10 millions de personnes qui ont perdu leur emploi à cause de la pandémie", a-t-il insisté, soulignant qu'avec la résurgence de la pandémie, de nombreuses petites entreprises risquaient de faire faillite.

Des défis et incertitudes à court terme, souligne Jerome Powell

"L'augmentation des nouveaux cas de Covid-19, ici et à l'étranger, est préoccupante et pourrait s'avérer difficile pour les prochains mois", a déclaré le patron de la Fed dans un discours préparé pour son audition au Sénat.

Les nouvelles récentes sur le front des vaccins sont "très positives à moyen terme", a-t-il souligné. Mais "pour l'instant, d'importants défis et incertitudes demeurent, y compris le calendrier, la production et la distribution" d'un ou plusieurs éventuels vaccins. En outre, il demeure difficile d'évaluer l'ampleur de l'impact économique avec "un quelconque degré de confiance", a-t-il ajouté.

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