Etats-Unis : face au Covid, la Fed confirme son soutien à long terme

Etats-Unis : face au Covid, la Fed confirme son soutien à long terme©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 16 décembre 2020 à 21h30

La Réserve fédérale américaine n'a pas modifié sa politique monétaire mercredi soir, à l'issue de sa dernière réunion de l'année, mais s'est efforcée de rassurer les marchés sur son intention de maintenir son soutien massif jusqu'à ce que l'économie américaine ait surmonté la crise sanitaire actuelle.

La banque centrale s'est en outre montrée un peu plus optimiste qu'auparavant sur la reprise de l'économie et du marché de l'emploi. Son président Jerome Powell a salué l'espoir que représente la vaccination contre le coronavirus, mais a rappelé que des incertitudes persistent à court terme.

Le patron de la Fed s'est ainsi dit inquiet pour les 4 à 5 mois à venir, mais il prévoit ensuite une forte croissance de l'économie au second semestre 2021. Il a estimé que le soutien budgétaire supplémentaire de la part de l'Etat fédéral était fortement justifié, alors qu'un accord de 900 milliards de dollars est en cours de négociation au Congrès.

La Fed prête à agir davantage si nécessaire

Jerome Powell a laissé entendre que la Fed pourrait accroître encore son soutien, si nécessaire. "Nous continuons de penser que la politique actuelle est appropriée", mais "nous avons la flexibilité pour fournir davantage de mesures accommodantes... Et nous sommes conscients que les circonstances pourraient évoluer", a-t-il ajouté.

La banque centrale américaine a réaffirmé son engagement à maintenir un objectif de taux des fonds fédéraux ("fed funds") quasi nul jusqu'à ce que la reprise économique soit complète, mais elle a ajouté pour la première fois que la durée de ses programmes d'achats de titres sur les marchés étaient désormais eux aussi liés à cet objectif.

Ces achats se poursuivront donc au rythme actuel "jusqu'à ce que des progrès supplémentaires substantiels aient été accomplis vers les objectifs de plein emploi et de stabilité des prix" que s'est fixés la Fed, a-t-elle expliqué dans un communiqué. La Fed continuera donc à acquérir au moins 80 milliards de dollars par mois de bons du Trésor, ainsi que 40 Mds$ d'actifs adossés à des prêts immobiliers.

L'institution n'a en revanche pas annoncé d'opération "twist" sur ses achats d'actifs. Certains analystes s'attendaient à ce que la Fed modifie la structure de ses achats en acquérant moins de titre à court terme et davantage de titres à long terme.

Wall Street progresse après la Fed, le Nasdaq et le S&P 500 au sommet

A Wall Street, les indices boursiers ont réagi en légère hausse mercredi après les annonces de la Fed, qui avaient été anticipées dans l'ensemble. Une demi-heure avant la clôture, le Dow Jones, le S&P 500, et le Nasdaq étaient en hausse respective de 0,08%, 0,4% et 0,7%. Avant la Fed, les deux premiers indices pointaient légèrement dans le rouge. A noter que le Nasdaq et le S&P 500 évoluent en terrain record à l'approche de la clôture.

Les investisseurs étaient aussi dans l'attente mercredi soir d'un accord au Congrès sur le nouveau "package" de soutien de 900 Md$, qui prévoirait des aides directes aux Américains et des indemnités pour les chômeurs.

Les sujets plus litigieux (aide aux Etats et aux municipalités, protection juridique des entreprises) ont été mis de côté pour l'instant, afin de permettre l'adoption du plan avant la fin de la législature, ce vendredi, et d'éviter un "shutdown" de certains services fédéraux à partir de vendredi minuit.

Perspectives économiques revues en légère hausse

La Fed s'est montrée un peu plus optimiste pour l'économie américaine que lors de sa réunion de septembre. Même si elle traverse "des temps difficiles", l'économie des Etats-Unis devrait rebondir en 2021 au rythme de 4,2%, au lieu de +4% attendu en septembre. En 2020, la récession devrait être moins marquée, de -2,4% et non de -3,7% comme précédemment estimé. En 2022, la croissance devrait atteindre 3,2% contre 3% attendu en septembre.

Du côté de l'emploi, le taux de chômage devrait s'établir fin 2020 à 6,7% avant de baisser progressivement à 5% en 2021, à 4,2% en 2022 et à 3,7% en 2023. En septembre, ces prévisions étaient plus élevées, respectivement à 7,6%, 5,5%, 4,6% et 4%.

Concernant l'inflation, la Fed a peu modifié ses attentes, la hausse des prix ne retrouvant l'objectif de 2% qu'en 2023. L'inflation mesurée par l'indice "core PCE" est désormais attendue à 1,4% en 2020 (contre 1,5% en septembre), puis 1,8% en 2021 (contre 1,7%), puis 1,9% en 2022 (contre 1,8%) et 2% en 2023 (contre 2%).

Quant à la projection du taux des "Fed funds", elle reste ancrée proche de zéro (à 0,1%) jusqu'à la fin 2023, même si l'objectif de plus long terme est encore estimé à 2,5%.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.