Etats-Unis : l'inflation sous-jacente bondit au plus haut depuis... 1992 !

Etats-Unis : l'inflation sous-jacente bondit au plus haut depuis... 1992 !
Etats-Unis

Boursier.com, publié le vendredi 28 mai 2021 à 21h11

Accompagnant une reprise économique dynamique, l'inflation s'est clairement réveillée aux Etats-Unis ce printemps, donnant des sueurs froides aux marchés financier et offrant un sujet de réflexion pour la Réserve fédérale sur l'avenir de son soutien monétaire massif...

Accompagnant une reprise économique dynamique, l'inflation s'est clairement réveillée aux Etats-Unis ce printemps, donnant des sueurs froides aux marchés financier et offrant un sujet de réflexion pour la Réserve fédérale sur l'avenir de son soutien monétaire massif...

Ainsi, vendredi, les investisseurs ont pris connaissance des indices ajustés des prix (PCE et core PCE), qui sont les mesures privilégiées par la Fed pour mesurer la hausse des prix et piloter sa politique monétaire.

L'inflation "core PCE" au plus haut depuis près de 30 ans !

Or, l'indice PCE a accéléré en avril, en hausse de 0,6% sur un mois et de 3,6% sur un an, son plus haut niveau depuis 13 ans, contre 2,9% attendu par les économistes. Quant à l'indice sous-jacent -le plus suivi-, dit "core PCE" (excluant les prix de l'alimentation et l'énergie), il a augmenté de 0,7% par rapport à mars et de 3,1% sur un an, au plus haut depuis l'été 1992 !

La hausse des prix est donc désormais clairement supérieure à l'objectif de 2% de la Réserve fédérale. Jeudi, à l'occasion de la publication du PIB des Etats-Unis (2e lecture), l'indice "core PCE" du 1er trimestre avait été mesure à 2,5%, ce qui signifie que les prix ont bondi en avril. Le "core PCE", aussi appelé déflateur des prix à la consommation, ne prend pas en compte les prix volatils du pétrole, du gaz et des denrées alimentaires, ce qui permet d'avoir une image plus fidèle des tendances sous-jacentes de l'inflation.

La Bourse américaine est pourtant restée sereine, ce vendredi, face à ces chiffres, la Réserve fédérale ayant prévenu depuis des mois qu'elle tolérerait un dépassement temporaire de son objectif, insistant sur le caractère passager de cette poussée inflationniste. D'une part, les prix sont actuellement élevés en comparaison avec l'an dernier lorsque l'économie américaine était à l'arrêt pour cause de confinement sanitaire, ce qui avait déprimé de nombreux prix.

Par ailleurs, une partie de l'inflation actuelle est liée à des goulets d'étranglement et à des pénuries (composants électroniques, matériaux de construction...) qui devraient progressivement se résorber d'ici à 2022. Enfin, dans une économie en phase de reprise, les économistes soulignent qu'il est plutôt sain de retrouver une dose d'inflation, ainsi que des taux d'intérêts plus élevés, du moment que ces phénomènes se déroulent progressivement et sans excès.

La Fed paraît peu pressée de réduire son soutien

La Réserve fédérale a entamé ce mois-ci l'exercice complexe piloter la sortie de la crise du coronavirus, en préparant les marchés à un retrait progressif de son soutien, sans pour autant faire dérailler la reprise et les marchés financiers.

Le vice-président de la Fed, Richard Clarida, notamment, a évoqué cette semaine la perspective de discussions sur un "tapering" (réduction des achats d'actifs de la Fed) dont le timing dépendra toutefois du flux à venir de données macro-économiques. Le président de la Fed Jerome Powell avait quant à lui, lors de ses récentes interventions, fourni des commentaires bien plus prudents, refusant d'évoquer pour l'instant cette réduction des achats de titres.

A noter qu'au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre a adopté ce vendredi un ton un peu moins accommodant, ouvrant la voie à une possible hausse de taux dès le premier semestre 2022.

Si certains à la Fed préparent les marchés à un éventuel 'tapering', aucune action concrète ne semble en vue pendant de longs mois encore. Dans la zone euro, plusieurs responsables sont montés au créneau ces derniers jours pour exclure des discussions sur un "tapering" dès la réunion de juin de la BCE.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.