Etats-Unis : la Fed agira en cas de vif dérapage inflationniste

Etats-Unis : la Fed agira en cas de vif dérapage inflationniste
Jerome Powell, séance des questions du FOMC à Washington.

Boursier.com, publié le mercredi 21 avril 2021 à 21h02

Alors que l'inflation se réveille aux Etats-Unis à mesure que le pays rouvre son économie et semble sortir de la crise du coronavirus, la Réserve fédérale a fait savoir ces derniers mois qu'elle ne comptait pas relever ses taux avant la fin 2023 et s'est montrée peu inquiète d'un dérapage inflationniste.

Alors que l'inflation se réveille aux Etats-Unis à mesure que le pays rouvre son économie et semble sortir de la crise du coronavirus, la Réserve fédérale a fait savoir ces derniers mois qu'elle ne comptait pas relever ses taux avant la fin 2023 et s'est montrée peu inquiète d'un dérapage inflationniste.

Cependant dans une lettre datée du 8 avril envoyée à un sénateur, dont 'Reuters' a obtenu une copie, le président de la Fed, Jerome Powell, a indiqué que la banque centrale américaine agirait si l'inflation dépassait substantiellement et durablement son objectif de 2%.

En réponse à une question de Rick Scott, sénateur républicain de Floride, qui s'inquiétait d'un dérapage de l'inflation, le patron de la Fed a indiqué que la banque centrale s'attend à une "inflation un peu plus élevée" cette année. Mais il a laissé entendre qu'en cas de dérapage important, la Fed ne restera pas les bras croisés. "Nous ne souhaitons pas une inflation qui excéderait substantiellement 2% et nous ne souhaitons pas une inflation qui dépasse les 2% pendant une période prolongée", a ainsi expliqué Jerome Powell.

Pas de hausse des taux directeurs avant la fin 2023 ?

Le scénario central de la Fed consiste à ne pas envisager de relèvement de ses taux directeurs avant la fin 2023, tout en restant vigilante concernant l'évolution des prix. Lors de la dernière réunion des 16 et 17 mars, les projections de la Fed montraient qu'une majorité de 11 membres du comité de politique monétaire voyait des taux toujours proches de zéro fin 2023. Mais une minorité de 7 membres prévoyait des taux plus élevés à cette date, dont 5 envisageaient qu'ils remontent entre 0,75% et 1% (3 membres), voire entre 1% et 1,25% (2 membres) à la fin 2023.

A l'issue de cette réunion, la Fed avait revu en nette hausse sa prévision de croissance économique pour 2021 aux Etats-Unis. Elle prévoit désormais une hausse de 6,5% du PIB, contre 4,2% prévu en décembre, et une inflation dépassant légèrement son objectif de 2%, à 2,2% pour le "Core PCE", la mesure préférée de la Fed pour l'inflation. La hausse des prix se stabiliserait ensuite à 2% en 2022 et à 2,1% en 2023.

L'inflation accélère en mars, bénéficiant d'un effet de base post-Covid

Sur les marchés obligataires, les rendements des emprunts d'Etat américains à long terme se sont tendus depuis le début de l'année, anticipant la reprise économique et une inflation accrue. Le taux du T-Bond américain à 10 ans est ainsi passé de 0,9% à plus de 1,74% fin mars, avant de se détendre un peu et de revenir mercredi à 1,56%.

Les craintes de hausse de taux ont aussi perturbé les marchés d'actions le mois dernier, en particulier le segment des valeurs technologiques et de croissance, dont la valorisation par les analystes financiers est basée notamment sur le niveau des taux, selon la méthode d'actualisation des flux de trésorerie disponibles (DCF). Des taux plus élevés font apparaître une valorisation plus riche, entraînant un recul des cours de Bourse.

Au mois de mars, l'inflation a accéléré aux Etats-Unis, essentiellement en raison d'un bond des prix de l'essence. L'indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 0,6% sur un mois, contre +0,5% de consensus de place, et a grimpé de 2,6% en glissement annuel, contre +1,7% en février.

Hors alimentation et énergie, la progression est cependant moins importante, le "core" CPI progressant de 0,3% sur un mois et de 1,6% sur un an. Les économistes soulignent en outre que la hausse des prix bénéficie cette année d'un effet de base positif, la crise du Covid ayant déprimé les prix il y a un an, en pleine période de restrictions de circulation et de fermeture de nombreux commerces.

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