Etats-Unis : la reprise accélère, mais sans surchauffe (Livre Beige de la Fed)

Etats-Unis : la reprise accélère, mais sans surchauffe (Livre Beige de la Fed)©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 02 juin 2021 à 21h31

L'économie américaine a crû à un "rythme modéré", qui a accéléré en avril et en mai par rapport au début de l'année, a relevé la Réserve fédérale dans son dernier Livre Beige, publié mercredi soir. Pour autant, la banque centrale américaine ne voit pas d'emballement de la croissance, même si elle note des tensions inflationnistes tant au niveau des prix de gros que des prix de détail.

L'économie américaine a crû à un "rythme modéré", qui a accéléré en avril et en mai par rapport au début de l'année, a relevé la Réserve fédérale dans son dernier Livre Beige, publié mercredi soir. Pour autant, la banque centrale américaine ne voit pas d'emballement de la croissance, même si elle note des tensions inflationnistes tant au niveau des prix de gros que des prix de détail.

Les marchés financiers ont peu réagi à cette publication, qui n'a pas recelé de surprises. Les principaux indices boursier étaient hésitants à l'approche de la fin de séance à Wall Street, très proches de l'équilibre, en l'absence de nouveaux catalyseurs.

La croissance s'est avérée "un peu plus rapide" de début avril à fin mai, écrit notamment la Fed, notant les effets positifs de l'avancée de la campagne de vaccination et de l'assouplissement des mesures de distanciation sociale en vigueur face à la crise sanitaire du coronavirus.

Mais remettre sur les rails une économie de 20.000 milliards de dollars représente des défis en soi, ont souligné des responsables de la Fed, citant les difficultés des entreprises du bâtiment à répondre à la demande et les retards de livraison de matériaux. Les prix sont en hausse et cette inflation devrait se poursuivre, a estimé la banque centrale.

Ce rapport fait le point sur l'économie dans les 12 grandes régions américaines, et servira de base à la prochaine réunion de politique monétaire, les 15 et 16 juin prochains. Les analystes n'anticipent de modification de la stratégie monétaire lors de cette réunion, mais ils n'excluent pas que, face à la récente poussée d'inflation, la Fed modifie son discours sur les perspectives d'évolution des taux d'intérêt et surtout de ses achats d'obligations sur les marchés financiers.

Vers une discussion sur le "tapering" ?

Le 19 mai dernier, dans les "Minutes" de sa précédente réunion, des 27 et 28 avril, la Fed avait déjà semblé ouvrir la voie à une discussion sur le "tapering", une réduction du montant des achats d'actifs (actuellement de 120 Mds$ par mois). "Un certain nombre de participants ont suggéré que si l'économie continue d'afficher des progrès rapides vers les objectifs (du FOMC), il pourrait être approprié à un moment donné lors des réunions à venir de commencer à discuter d'un projet pour ajuster le rythme des achats d'actifs", disait ce compte-rendu.

Ce mercredi, Patrick Harker, patron de la Fed de Philadelphie, a estimé qu'il était peut-être temps pour la Fed de "réfléchir à réfléchir à" réduire ses achats d'actifs ("tapering"). "Nous prévoyons de maintenir longtemps le taux des fonds fédéraux à un niveau bas", a-t-il dit dans un discours prononcé à l'occasion d'une conférence en ligne. "Mais le moment pourrait être venu au moins de réfléchir à réfléchir à une diminution progressive de nos 120 Mds$ d'achats mensuels d'obligations du Trésor et de prêts immobiliers titrisés", a-t-il ajouté.

Patrick Harker a ajouté que la Fed n'agirait pas brutalement en matière de réduction du rythme de ses achats. "Nous réduirons avec précaution et méthode le caractère accommodant de notre politique au fur et à mesure que l'économie continuera de se renforcer", a-t-il dit. "Notre objectif en la matière est d'être ennuyeux."

L'inflation "Core PCE" est montée à 3,1% en avril aux Etats-Unis

Jusqu'à présent, Patrick Harker et Robert Kaplan, le patron de la Fed de Dallas, sont les deux seuls membres de la Fed à préconiser une réflexion sur le "tapering" du programme d'achat, qui porte actuellement sur 120 milliards de dollars chaque mois afin de soutenir la reprise face à la crise du coronavirus.

En avril, l'inflation aux Etats-Unis a dépassé l'objectif de 2% de la Fed, qui a cependant répété ces derniers mois qu'elle jugeait cette situation passagère, en raison du caractère chaotique de la reprise après la crise du Covid. Les prix à la consommation (CPI) ont ainsi grimpé de 4,2% en avril sur un an, et de 3,1% pour le "core PCE", la mesure préférée de la Fed (qui exclut notamment l'énergie et l'alimentation).

La Fed a déclaré ne pas envisager de relever les taux d'intérêt avant le retour au plein emploi et celui de l'inflation à 2% de manière durable.

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