Etats-Unis : le taux à 10 ans franchit le seuil de 1,3% !

Etats-Unis : le taux à 10 ans franchit le seuil de 1,3% !©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 16 février 2021 à 22h25

Les taux souverains américains se sont nettement tendus depuis le début 2021, certains investisseurs estimant que le futur plan de relance de Joe Biden, d'un montant de 1.900 milliards de dollars, pourrait être surdimensionné face à la crise du coronavirus, malgré les dégâts occasionnés par cette crise. L'amélioration de la situation sanitaire depuis un mois aux Etats-Unis et dans le monde, renforce l'idée d'une reprise économique plus vigoureuse que prévu en 2021, qui pourrait entraîner un dérapage inflationniste...

Cette crainte à fait bondir mardi soir le rendement de l'obligation d'Etat américaine (T-Bond) à 10 ans de 10 points de base pour atteindre 1,30%, son plus haut niveau depuis un an, avant la crise du coronavirus. Bien que ce niveau soit encore modeste, la remontée s'est faite très rapidement, ce taux ne cotant que 0,9% fin 2020, il y a à peine 6 semaines... En Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans a fini mardi à -0,35% (+3 pdb) contre -0,57% fin décembre...

Le taux US à 30 ans a de son côté franchi vendredi soir les 2%, et a poursuivi sa hausse mardi à 2,08% (+8 pdb) au plus haut depuis janvier 2020. Il pointait à 1,64% fin décembre 2020. Le taux du T-Bond à 2 ans en revanche est resté stable, autour de 0,12% depuis le début de l'année.

Certains investisseurs craignent que le plan Biden, qui s'ajoute au soutien monétaire massif de la Réserve fédérale, n'entraîne une reprise économique plus vigoureuse que prévu, et une poussée inflationniste susceptible de faire remonter les taux directeurs de la Fed plus vite que prévu. La hausse des cours des matières premières ces derniers mois, à commencer par le pétrole, l'acier et le cuivre, entretient l'idée que les prix pourraient déraper courant 2021.

Une perspective qui ne semble pas effrayer la Réserve fédérale, dont le président Jerome Powell a répété la semaine dernière qu'il n'anticipait pas d'inflation "importante et prolongée", soulignant la fragilité du marché de l'emploi, qui devrait mettre "des années" à retrouver le plein emploi, ce qui devrait éviter un dérapage haussier des salaires.

Le patron de la Fed avait déjà affirmé plusieurs fois que la banque centrale était prête à accepter une hausse temporaire de l'inflation au-dessus de son objectif de 2% en glissement annuel sans que cela ne déclenche un mouvement préemptif de hausse des taux directeurs.

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